Accueil SOCIÉTÉ Treichville/ Menace de destruction de Gbatanikro: les habitants plaident pour un recasement

Treichville/ Menace de destruction de Gbatanikro: les habitants plaident pour un recasement

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Face à la menace de destruction du quartier Habitat Craonne (Gbatanikro) à Treichville (sud d’Abidjan) par la Sicogi (société ivoirienne construction gestion immobilière), les populations étaient face à la presse vendredi 30 novembre pour demander d’une part  « pardon » au chef de l’Etat Alassane  Ouattara et au directeur de ladite société, mais aussi plaider pour leur recasement.

Nous vous en proposons ci-dessous la substance de la déclaration du porte-parole des riverains Trayé Jules, suivis de questions –réponses.

« Depuis le mois d’avril 2018, la Sicogi, de par monsieur Boiké Fofana son représentant, nous a distribué des exploits de congé. Quand nous les avons reçus, nous sommes allés rencontrer monsieur le directeur de la Sicogi à son siège Immeuble Mirador d’Adjamé. Nous étions au nombre de huit jeunes qui avaient à leur tête, le président Coulibaly Daouda. Il y avait mon jeune frère, artiste Siro. Mon grand frère Gnamké Justin et autres. Quand nous avons rencontré le directeur de la Sicogi. Avant tout propos, quand il est rentré, il nous dit : si c’est pour qu’on vous octroie les maisons, ne parlons plus de ce sujet. Car on veut démolir le quartier. Il s’agit des conditions dans lesquelles, vous devez partir. Quand on a commencé à échanger avec monsieur Boiké Fofana, nous lui avons dit : Ce quartier est un quartier emblématique pour la Côte d’Ivoire, ce quartier aujourd’hui est un quartier de renommé pour le monde entier d’où plusieurs artistes sont nés. Alors monsieur Boiké Fofana certes vous voulez moderniser la Côte d’Ivoire, nous sommes d’accord. Mais qui parle d’émergence, parle des mesures émergentes. D’où les mesures émergentes, monsieur Boiké Fofana. Pensez au recasement de nos parents, de nos enfants qui aujourd’hui, n’ont ni où aller. Vous-même Boiké Fofana vous êtes père de famille. Aujourd’hui, si ce qui est comme une épée de Damoclès sur nos têtes, vous arrivait. Vous avez les moyens de l’état avec vous. C’est possible pour vous, mais nous autres qui n’avons pas ces moyens. Aujourd’hui, casser ce quartier sans recaser nos parents est suicidaire. Il nous a dit qu’il a compris. Qu’il part en France et qu’il revient dans 10 jours. Mais, il faut que nous la jeunesse de l’habitat crown, nous fassions des propositions dans le sens du recasement. A son retour, il ne faudrait pas que ça soit lui qui nous appelle. Mais plutôt qu’il vienne trouver nos propositions sur sa table. Je suis allé en personne déposer le courrier le 24 mai 2018. Qui a été déchargé par madame Tanoh sa secrétaire. Voici le contenu de nos propositions : « monsieur le directeur général de la Sicogi. Suite à l’entrevue que vous avez accordée à nous, jeunes de l’habitat crow-d le 14 mai 2018 au siège social de votre entreprise, la Sicogi, sis à Adjamé Mirador, nous vous apportons les propositions suivantes : 1- l’annulation des exploits de congés attribués aux locataires , 2- le relogement des locataires selon les trois aspects suivants : a- nous souhaitons que vous, monsieur le directeur général de la sicogi soyez notre porte-parole auprès du gouvernement pour qu’il subventionne pour nous et à moitié prix les logements sociaux pour nous recaser afin que le reste à payer soit établis une échéance pour les locataires . b- nous voudrions bien, toujours par le canal du gouvernement et sous la houlette de la Sicogi l’achat des logements sociaux qui nous seront proposés en localité achat.  3- le financement des logements sociaux par l’investissement des probables mesures d’accompagnements auprès d’une banque qui s’en servira pour acheter des logements sociaux afin d’y recaser les locataires qui les paieront par echeancier…. ».

Ces propositions ont été balayées du revers de la main par monsieur le directeur de la Sicogi. Ces propositions étant balayé, nous jeunes de l’habitat Crown, nous avons dit que c’est succidaire. Qu’allons nous fait suite au refus catégorique de monsieur Boiké Fofana. Au moment nous étions en train de réfléchir, Nous avons reçu un deuxième courrier dans lequel monsieur Boiké Fofana nous dit que suite à son entretien avec la commission tripartite, les riverains sont d’accord de prendre un (1) million FCFA pour partir. Ce qui est faux. C’est faux parce que quand on met une commission tripartite en place et qu’on va à une négociation, c’est de donner et de recevoir. Là bas, nos représentants ont fait les mêmes propositions et même ajouté une autre proposition pour dire : acheter nous seulement des terrains neutres, nous allons y poser des baraques pour habiter. Là encore, cette proposition a été refusée. On ne finit même pas les négociations. Parce que pour dire qu’une négociation a pris fin, il faudrait un PV FINAL. Nous demandons à Boiké Fofana de nous brandir le PV FINAL de la commission tripartite pour dire que nous sommes d’accord avec cette proposition. On se cache entre les quatre murs pour appeler certains locataires en disant : « si vous ne prenez pas et qu’on vient casser, vous ne serez plus dédommagés ». Il force même certains parents à signer des documents où il est écrit, « je renonce ».  Or si nous renonçons à quelque chose, c’est que Boiké Fofana sait que nous avons un droit quelque part ».

Questions- réponses :

1-Hormis la rencontre avec M. Boiké Fofana, quelles sont les démarches qui ont été menées ?

Hormis Monsieur Boiké Fofana, il y a un syndic qui existe. Qui a rencontré le médiateur de la république. Tout cela est resté sans suite. Nous ne savons pas quelle voie passer pour atteindre le président de la république. Les routes nous seront toujours barrées. C’est par vos écrits que peut être le père de la nation, prendra vent de ce qui est en train de se passer et pourra se prononcer là-dessus. C’est pourquoi, nous demandons toujours pardon, au président de la république. Pardon les ivoiriens sont en détresse. On ne fait pas de bras de fer avec l’Etat. C’est la voie du dialogue que nous prônons.

2-il est dit que vous devez quitter les lieux le 1er décembre… ?

Il est dit que le 1er décembre, on doit quitter le quartier de part le courrier de Boiké Fofana. Nous disons que nous ne sommes pas informés. Parce que quand Boiké Fofana venait distribuer ces exploits de congé, c’est par voie judiciaire. Donc pour déguerpir quelqu’un, je pense que c’est par ces mêmes voies que Boiké Fofana aurait dû s’adresser à la population. Pour pouvoir faire sortir quelqu’un d’une maison, il faut une décision de justice. Ils ne nous ont pas encore signifié par la voie d’un huissier. Nous ne sommes pas au courant.

3- Quelles sont les arguments que la Sicogi évoque pour vous faire quitter le quartier

Quand nous sommes allés rencontrer monsieur Boiké Fofana à son bureau. Monsieur Boiké Fofana nous a dit simplement que la Sicogi est en faillite. Cette décision vient pour sauver la sicogi ou soit on ferme la Sicogi. Qu’il a la vie des 175 employés en main. Pour cela, qu’il veut détruire le quartier. Pour le reconstruire et fait revivre la Sicogi. Deuxième cas. Il nous a demandé si on pouvait mettre à sa disposition 300 milliards FCFA pour qu’il laisse le quartier en paix. C’est la vie de 175 employés que monsieur Boiké Fofana veut sauver au détriment de 20.000 âmes.  la Sicogi propose comme mesure d’accompagnement 1 million par maison. Il y a 513 maisons à l’Habitat Crown pour 20.000 habitants.

 

Fulbert YAO

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