Accueil PORTRAIT DU MOIS [portrait] Kouadio Georges, tisserand aux doigts de fée malgré l’handicap

[portrait] Kouadio Georges, tisserand aux doigts de fée malgré l’handicap

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C’est à l’aube de sa vingtième année, que Kouadio Georges, tombe malade, et en vient à perdre quasiment la vue, plongeant par la même dans le désespoir.

Mais « la vie ne fait pas toujours de cadeaux », et il faut se relever. C’est alors que l’homme reprend goût, en intégrant l’Institut des aveugles d’Abidjan. Il doit alors réapprendre à vivre, et développer ses autres sens.

Vient ensuite le moment de trouver du travail : un nouveau défi.

Face au scepticisme fréquent d’employeurs potentiels, Kouadio décide d’être son propre maître et réfléchit à une activité génératrice de revenus.

Il monte alors son atelier, qu’il installe au sein d’une résidence à Cocody 2 plateau (nord-est d’Abidjan). Ici, il tisse du nylon, de diverses couleurs, à la main, confectionnant des sacs, des porte-monnaies ou encore des lits-picots.

«L’artiste », ne travaille pas seul. Sa petite entreprise fonctionne si bien qu’il a décidé d’employer un couturier, chargé du montage de la popeline et de la fermeture des sacs.

Pour la fabrication des lits-picots, Kouadio s’est également offert les services d’un ferronnier qui fabrique le support ainsi que ceux d’un peintre pour l’embellissement.

Comme la majorité des non voyants, Georges a développé davantage ses autres sens, notamment celui du toucher, ce qui lui permet de travailler, et de faire travailler son imagination.

« Je travaille avec le toucher pour déterminer la qualité du nylon que j’utilise. Pour les couleurs, les voyants m’aident à choisir. Et puis je mets des signes distinctifs sur chaque objet pour les reconnaitre», explique-t-il.

Le tisseur ajoute commercialiser sacs et porte-monnaies entre 7 mille FCFA et 15 mille FCFA, et les lits-picots entre 35 mille FCFA et 50 mille FCFA.

Sans révéler le revenu engrangé, Kouadio assure que lui et ses employés, touchent tous de quoi vivre sereinement.

Mais loin de vouloir s’arrêter en si bon chemin, le quadragénaire ambitionne de s’installer dans un atelier encore plus grand, et d’employer davantage d’Ivoiriens.

Son objectif à long terme, c’est, dit-il, d’ « avoir son propre centre de formation et de former ses frères mal-voyants ».

Fulbert YAO (herrwall2007@yahoo.fr) 

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