Accueil PORTRAIT DU MOIS (Portrait) Côte d’Ivoire: Ulrik Abé, ou la peinture à base de produits agricoles

(Portrait) Côte d’Ivoire: Ulrik Abé, ou la peinture à base de produits agricoles

0
0
20

Les produits agricoles ne lui permettent pas seulement de se nourrir, mais constituent aussi une source d’inspiration.

Ulrik Abé est un peintre et graphiste ivoirien hors du commun. A 29 ans, il réalise d’impressionnants tableaux, faits à partir de produits agricoles tels que le café, le cacao et le latex. Une trouvaille qui vaut son pesant d’or.

Ulrik Abé semble, de prime abord, réservé mais devient enthousiaste et osé dès qu’il se sent à l’aise.

Ivoirien originaire de la ville d’Afféry, dans le sud-est, il vit à Abidjan Rivera 2, la capitale économique ivoirienne, où il exerce aussi en tant que graphiste dans une société de la place.

C’est aussi dans cette commune cosmopolite qu’il tient un atelier, qui fait office de domicile, ou pendant ses journées libres, il s’accroche à son art originel inspiré de la nature et de la réalité ivoirienne.

Pour réaliser ses toiles, Ulrik Abé, à l’aide d’un crayon, d’un stylo ou d’un pinceau, dessine, puis fait des collages avec des décoctions de fèves ou de la poudre de cacao ou de café, grâce au latex d’hévéa, avant de peindre avec les couleurs extraites du café et du cacao dosés avec d’autres matières.

Tout a commencé en 2015, lorsque pour la soutenance de son Master 2 en communication graphique, après une formation dans la prestigieuse école nationale des beaux-arts de l’INSAAC d’Abidjan (l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle), il décide de soumettre à l’appréciation de ses professeurs des tableaux fait à base de café, une idée nourrie depuis une dizaine d’années.

Apprécié mais confronté aux inconvénients liés à la structure des matières utilisées, qui «fondent sous l’effet de la chaleur et de la fraîcheur», Ulrik Abé essuie de nombreux échecs avant de trouver «une technique» qu’il garde secrète pour composer les matières.

Depuis ce temps, plus rien ne lui échappe.

Sur les raisons du choix des matières, l’artiste explique : «J’utilise le café et le cacao pour me démarquer dans un premier temps, mais également parce que la Côte d’Ivoire occupe un rang mondial important dans ces deux cultures… Je défends une cause, celle des agriculteurs, ces fiers guerriers cachés, voire ignorés royalement, derrière le succès de leurs productions».

Ulrik Abé se fait remarquer par des tableaux représentant des personnalités influentes ayant «lutté pour des causes nobles», à savoir le premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, Nelson Mandela, Bob Marley.

Mais il n’y a pas que des artistes, des footballeurs africains tels Didier Drogba et Papa Wemba, sont également peints par ce jeune au talent original.

«Je dénonce l’injustice, le racisme et tout ce qui nous empêche de croire que nous sommes égaux. Raison pour laquelle je peins des personnes qui sont devenues des légendes dans leurs différents domaines et grâce à leurs actes et aussi des scènes appelant au travail et à la réjouissance quand on en est satisfait», avoue le peintre.

Mais l’artiste assure ne pas être «limité aux portraits» et s’intéresse également à l’art «abstrait, semi-abstrait, figuratif», entre autres.

Les tableaux d’Ulrik Abé ne s’exportent pas encore. Mais ils sont très appréciés en Côte d’Ivoire, ou l’artiste a participé à plusieurs festivals et ateliers.

De regrets dans son métier, Ulrik Abé dit ne pas en avoir eu. «Je n’en ai aucun et je ne pense pas que j’en aurai», souligne t-il.

Comme projet, il compte exposer beaucoup, en Côte d’ivoire et ailleurs.

«Je veux montrer ce que j’ai en moi partout dans le monde entier, car mon but c’est de permettre aux personnes pour qui je lutte de trouver satisfaction», explique-t-il.

«Aussi, je m’évertue à avoir un grand atelier qui sera ma fondation et qui regroupera tous les domaines artistiques, pour mieux m’exprimer et contribuer à la formation des jeunes, notamment ceux de la rue qui aimeraient embrasser une carrière artistique tel que la peinture, la décoration intérieure, etc., et en faire leur gagne-pain», projette l’artiste.

Ses tableaux sont à la portée de toutes les bourses.

Les enfants, les femmes, les hommes, les Européens expatriés en sont des fanas.

Fulbert YAO

Voir plus d'articles associés
Voir Plus par L EXPRESSION
Voir Plus dans PORTRAIT DU MOIS

Laisser un commentaire

Voir Aussi

Elections apaisées Aimée Zebeyoux sensibilise Les populations d’Attécoubé

La caravane de sensibilisation sur les élections apaisées initiée par le Secrétariat d’Eta…