Accueil PORTRAIT DU MOIS (PORTRAIT) Côte d’Ivoire : Razak Abdul Sidibé concilie éthique islamique et esthétique

(PORTRAIT) Côte d’Ivoire : Razak Abdul Sidibé concilie éthique islamique et esthétique

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A 34 ans, l’ivoirien Razak Abdul Sidibé possède déjà des atouts de styliste confirmé. Son travail, essentiellement centré sur la mode islamique fait de lui, un artiste bien introduit en Côte d’Ivoire.

Sidibé Abdul Razak s’est fait connaître en participant à des défilés de mode dans le pays où il a créé depuis 2013 son propre label dénommé «Vié création ». Une passion d’adolescent qui se matérialise.

C’est depuis l’âge de 15 ans en effet que Sidibé Abdul Razak  a décidé de s’engager dans la mode. Le jeune homme fait alors un crochet dans deux ateliers de couture, raconte t-il. Puis prend la résolution de voler de ses propres ailes, en ouvrant son propre atelier en 2010.

« Ce qui m’a motivé, c’est que je voyais des non musulmans s’habiller mieux que les musulmans, j’ai donc décidé de me consacrer à la mode islamique pour rehausser le niveau d’habillement de nos hommes et femmes musulmans », confie t-il.

Sidibé vit à Abidjan. Mais pour s’inspirer, le jeune homme, à la mine détendue, voyage régulièrement au Ghana, Sénégal, Burkina Faso et au Mali où il s’intéresse à la riche diversité du Bazin.

A Abobo (ouest d’Abidjan), où est situé l’un de ses ateliers, six couturiers sont visiblement très absorbés autour des machines à coudre, pendant que quelques clientes flânent pour admirer les belles créations exposées dans les vitrines.

Au nombre de ces dernières, on y trouve « des robes de soirée richement brodées couvrant tout le corps sans occulter la forme, des robes de prières, sans oublier les voiles classiques, mais aussi des voiles pour chapeaux et cols roulés, couleurs grises, rouge vif, orange, noire avec des motifs et parfois couvert de cristaux», énumère Razak Abdul.

Il y a également des babouches habillées de Bazin, des grands Dakar diversement colorés, des grands boubous bazins également richement brodés.

Pour parvenir à faire toutes ces créations, la journée de travail de Sidibé est très mouvementée. « Devant ma machine, j’image beaucoup de modèles et je crée en fonction du vécu. Mais avant de commencer le travail, je fais des vérifications et je confie tout à Allah », raconte t-il.

Pour un résultat « parfait » de ses modèles cousus sur mesure ou prêt à porter, Sidibé utilise comme matière de prédilection le bazin, qu’il travaille et auquel il adjoint des motifs. Il utilise aussi le satin de coton, en intégrant des tissus africains.

« C’est moi qui teint et diversifie les couleurs dans les bazins et les vêtements que je confectionne », mentionne le styliste.

Les créations de Sidibé Abdul Razak  connaissent une touche particulière et sont pour toutes les bourses. «En côte d’Ivoire,  les vêtements que je confectionne ne sont pas chers, mais dépendent des modèles. Je les vends à partir de 30.000 fcfa. Quand je livre les modèles à l’extérieur, je les vends entre 150.000 F et 300.000 FCFA », dit- il justifiant ces tarifs par la qualité des tissus utilisés pour la confection des tenues.

« Lorsque j’ai une commande à l’extérieur, j’envoie les vêtements une fois confectionnés par avion. C’est moi qui paie les frais d’envoi», explique le jeune homme.

Des clients basés à Abidjan, au Mali, en France, en Italie, au Gabon, et aux Etats Unis, connaissent bien les modèles de Sidibé, pour l’avoir vu défilé à Abidjan ou ayant eu son contact, confie t-il.

Sidibé a conscience du chemin parcouru et dit ne pas regretter son métier car il vit aisément de son travail qui lui a permis d’ouvrir deux ateliers.  Il souhaite faire mieux et rêve de devenir un styliste de renommée internationale à l’instar de grands styliste ivoiriens comme Jules Touré avec qui il garde de bonne relation.

«Je me sens heureux, parce que ce métier  m’a beaucoup apporté. Je souhaite qu’Allah m’accorde de la chance afin que je gravisse les échelons», soutient-il, espérant dans un futur proche mettre sur le marché ces dernières créations.

Fulbert YAO

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