Accueil PORTRAIT DU MOIS (PORTRAIT) Côte d’Ivoire: Philomène Tia Glao ou l’histoire d’une femme d’affaires hors pairs

(PORTRAIT) Côte d’Ivoire: Philomène Tia Glao ou l’histoire d’une femme d’affaires hors pairs

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Commerçante, transporteur, éleveur de bovins, hôtelière, planteur de café-cacao et d’hévéa, de vivriers, présidente d’une coopérative, Philomène Tia Glao, 49 ans, mère de 6 enfants, est une personnalité partie de rien,  pour se tailler une place de choix au soleil.

Son histoire comme pour beaucoup d’africains commence dans une famille pauvre et très nombreuse, « 42 enfants dont 7 garçons et de nombreuses filles non scolarisées».

Elle raconte qu’à l’instar de ses sœurs, elle n’a pas connu l’école.  A l’âge de 9 ans, vu la souffrance de sa « maman qui n’était pas aimée par son père», elle se mit à entreprendre, en vendant des bananes  et autres friandises pour soutenir cette dernière.

Quelques années après la réussite de son frère aîné aux examens de CEPE,   son père l’a forcée à à 17 ans, à épouser un octogénaire qui avait 7 femmes et plusieurs enfants à Sipilou (ouest ivoirien).

Mais loin de dormir sur ses lauriers, elle a su « tirer profit de la situation ». Après avoir sollicité, puis, obtenu un hectare de portion de terre pour faire un champ d’arachides, elle obtint son premier fonds de 350.000 FCFA qu’elle cachait apeurée sous son lit

Tout en poursuivant cette activité, elle se mit, rapidement à faire des économies.

« Puis au fil du temps, chaque somme gagnée que je réinvestissais me rapportait bien plus. J’ai construit un petit commerce où je vendais du poisson près de la frontière avec la Guinée. Après un an d’activité j’avais 1.300.000 FCFA. J’étais rapidement devenue le point de ravitaillement des ivoiriens et des guinéens dans la région…» se remémore-t-elle, le sourire aux lèvres.

« Puis j’ai initié un nouveau projet d’élevage bovin, en dépit du refus de mon mari, et j’ai démarré avec 25 têtes de bœuf. Jusqu’aujourd’hui, j’ai 6.000 têtes dans mes fermes», rapporte-t-elle.

Mais tout n’est pas rose pour Philomène. En 2002, survint la rébellion durant laquelle on lui vole la plupart de son bétail. Elle est contrainte à l’exil en Guinée Conakry.

A son retour, elle revint «trouver seulement que 70 têtes de bœufs qui étaient restés en brousse»

Mais, ce malheur n’affecte pas la jeune femme.  Elle décide de se refaire une santé financière. Elle quitte alors la ville de Sipilou pour s’installer à Man (ouest).

« Quand je suis arrivée à Man, j’ai commencé à ramasser les bouteilles dans les caniveaux pour les vendre. Après plusieurs ventes, j’ai épargné l’argent de 400 casiers de boissons »

Avec cet argent, elle devient distributrice de boissons durant quelques années dans la ville de Man.

En plus de cette activité, elle crée une compagnie de transport «Maindeba transport» (« c’est à moi», Yacouba, langue locale ivoirienne Ndlr).

« Je n’avais pas l’ambition de devenir transporteur. Mais c’est à cause de mes parents de l’ouest, que j’ai voulu rendre service que je suis devenue transporteur (…)  aujourd’hui j’ai 70 autocars dans mon parking. J’emploie plus de 400 personnes dans mon entreprise» raconte t-elle fièrement.

Philomène explique aussi qu’elle est aujourd’hui, premier éleveur dans le département de Tonkpi,  elle possède 30 ha de cacao, 40 ha d’hévéa, 10 ha de palmier à huile, et est promotrice immobilière à Man où elle possède de nombreuses maisons en location.

Philomène Tia Glao est aussi généreuse.  Elle avoue avoir apporté « son petit soutien» à la réalisation de plusieurs mosquées, d’églises à travers l’achat de ciment

Présidente de la société coopérative simplifiée des productrices agricoles et vivrières du Tonpki (Scoop-pavit). elle  a offert deux camions remorques aux femmes de sa coopérative.

Ses efforts ont été couronnés. En 2016, Philomène Tia Glao a reçu le prix d’excellence des mains du chef de l’Etat Alassane Ouattara. Elle a de même reçu le prix de la femme modèle.

Dans la même année, elle a été reçue par Donald Trump aux Etats Unis.

« Mes frères et sœurs. Mon parcours, quand, je  vous le raconte, Je veux couler des larmes. Je dois ma bénédiction à Dieu, mais aussi à ma mère. Je me suis soumise à ma mère, j’ai porté sa souffrance. Donc respect envers vos parents avant tout. Il faut aussi la patience. Il faut être patient pour arriver », conclut elle.

Fulbert YAO

herrwall2007@yahoo.fr

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