Accueil PORTRAIT DU MOIS (PORTRAIT) Café : Fabienne Dervain, l’ivoirienne qui veut faire de sa société le «prochain Starbucks de l’Afrique»

(PORTRAIT) Café : Fabienne Dervain, l’ivoirienne qui veut faire de sa société le «prochain Starbucks de l’Afrique»

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Agée seulement de 30 ans, Fabienne Dervain est un success-story ivoirien. Propriétaire de « Couleur Café », l’unique coffee shop d’Abidjan, cette jeune ivoirienne aspire faire de cette société familiale le prochain Starbucks de l’Afrique, tout en remettant au goût du jour la torréfaction du café ivoirien.
 
Situé dans le quartier des Deux Plateaux à Cocody (Est d’Abidjan), au sein d’un supermarché, l’accès au Coffee Shop de Fabienne Dervain est facile. Au rez-de-chaussée,  il y a d’abord la boutique, où il est possible d’acheter thé et café en vrac tout en feuilletant la presse du jour et/ou quelques livres mis à disposition, et ensuite à l’étage en mezzanine, le salon de thé proprement dit, dont la décoration se décline en un mélange de bois, lampes en rotin, plantes, objets vintage et affiches.
 
Le Salon de thé est ouvert tous les jours de 9h à 20h gmt. Le thé vendu coûte environ 2000 FCFA et entre 1500 et 2500 FCFA le café ou chocolat chaud. Gâteaux et viennoiseries entre 500 et 1500 FCFA. Brunch à 8.000 FCFA  les samedis et dimanches. Il est aussi possible de manger pour 5000 FCFA (croque + accompagnement + boisson). Le Wifi est aussi disponible gratuitement pour sa clientèle.
 
Couleur café propose des thés et café de haut de gamme, raconte Fabienne : « Nous sommes spécialisées dans la vente de cafés torréfies (robusta et arabica) et de thés en vrac. Le robusta que nous vendons est ivoirien et cultivé dans l’Ouest du pays. En revanche, nous importons quatre types d’arabica du Brésil, de l’Ethiopie, du Guatemala et de la Colombie. En ce qui concerne le thé, nos clients peuvent acheter ou déguster des produits de la maison française Dammann Frères et ceux de la marque de luxe africaine Yswara.  Il est possible également d’acheter des accessoires relatifs à la consommation de thés et de cafés ainsi que des objets de l’art de la table ».
 
« Ma clientèle en terme d’âges se situe de 23 à 50 ans, plusieurs expatriés mais aussi des ivoiriens qui ont été confrontés avec d’autres cultures et qui ont un pouvoir d’achat visitent le coffee shop », souligne la jeune dame qui se définit comme altruiste, ambitieuse et charismatique.
 
Une journée de travaille de Fabienne dans son entreprise est beaucoup chargée. Outre s’assurer du bon fonctionnement de la boutique à savoir la gestion de stock, organisation de l’équipe…, Fabienne s’occupe également de l’organisation d’évènements à thème qui permettent de promouvoir Couleur Café.
 
« Mon rôle consiste aussi à consolider mes relations avec mes partenaires actuels et d’en trouver de nouveaux dans le but de développer Couleur Café », précise t-elle.
 
Benjamine d’une fratrie de trois sœurs, Fabienne Dervain raconte que sa passion pour les affaires  ne date pas d’aujourd’hui. Aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, elle a toujours été fascinée depuis son jeune âge: «Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été fascinée par ces femmes qui osent entreprendre et je savais que j’en deviendrai une» relate t-elle, autour d’un café bien chaud, dans son shop.
 
 Mais c’est après un Bachelor en Business International que sa passion a pris le dessus et qu’elle a décidé de travailler à son compte en reprenant « couleur café », une entreprise créée en 1999 par sa mère et fermée après la crise postélectorale.
 
«Lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j avais deux options qui s’offraient à moi : le travail en entreprise ou l’entrepreneuriat, J’ai donc privilégié l’idée de travailler à mon propre compte et relever le défi de développer Couleur Café, en apportant de la nouveauté et en faire une chaine de café. Parce qu’elle avait un potentiel».
 
Malgré son succès, cette jeune dame à la sympathie naturelle passe parfois par plusieurs échecs comme tout entrepreneur mais elle essaie de toujours en tirer du positif.  
 
« L’une des difficultés que j’ai c’est que les ivoiriens n’ont pas la culture de prendre du café. Mais comme on dit souvent que lorsqu’un entrepreneur ne rencontre pas de difficultés durant le développement de sa structure, c’est qu’il y a un problème. Par conséquent à chaque fois que je suis confrontée a un obstacle, j’en discute avec des personnes qui ont plus d’expérience que moi et bien sur ma famille afin d’aborder au mieux cette situation », dit –elle toute optimiste.
 
Pour tenir dans ce vaste environnement d’affaire, elle s’appuie aussi sur des modèles de personnalités, en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. « J’éprouve beaucoup d’admiration et de fierté pour trois femmes Ivoiriennes: Alexandra Amon (productrice et réalisatrice), Loza Malheombo (styliste) et Swaady Martin-Leke (luxe). Même si elles évoluent dans des industries compétitives et encore misogynes sur notre continent (le cinéma, la mode et le luxe), elles  sont toutes les trois des ambassadrices de la nouvelle Femme Africaine : ambitieuse, dynamique, combative et passionnée ».
Comme perspectives, Fabienne souhaite continuer à promouvoir Couleur Café afin d’attirer une plus large clientèle, amatrice de thés et cafés. « Cela nécessitera un espace plus spacieux, donc j’envisage aussi de changer de local. A long terme, mon objectif est d’exporter le concept de Couleur Café vers d’autres pays d’Afrique comme le Sénégal, le Cameroun, le Burkina Faso…» dit elle.
 
En Côte d’Ivoire, elle compte étendre sa société dans les villes de Bouaké et Yamoussoukro (centre), San-Pedro…(sud-ouest). Elle souhaite en outre que « les ivoiriens démocratisent le rituel de prendre un café».
Au-delà des frontières africaines, Fabienne n’exclut pas une collaboration avec la Turquie. « Pourquoi pas une collaboration dans les années à venir ? », s’interroge t-elle les yeux brillants.
Fulbert YAO
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