Accueil POLITIQUE Ousmane Kader Sanogo (Ecrivain et ex-membres des Forces nouvelles) : « Après Houphouët Boigny, aucun président ne peut se comparer à Ouattara »

Ousmane Kader Sanogo (Ecrivain et ex-membres des Forces nouvelles) : « Après Houphouët Boigny, aucun président ne peut se comparer à Ouattara »

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Ousmane Kader Sanogo, ancien membre de l’ex-rébellion a décidé de se mettre à l’écriture. Auteur du livre “La vraie histoire de la rébellion ivoirienne”, l’ancien compagnon du sergent-chef Ibrahim Coulibaly donne sa lecture de la situation sociopolitique dans son pays.

Le débat politique est agité. D’aucuns craignent le retour des vieux démons. Etes-vous de cet avis ?

Alassane Ouattara n’a pas été élu  avec un projet de société élaboré avec le PDCI. C’est un concours de circonstances qui a fait que ces deux partis se sont unis au second tour de la présidentielle en 2010. Mais aujourd’hui, ce parti veut se désolidariser de la gestion de la Côte d’Ivoire alors qu’il est également comptable de la gestion du pays. Il faut que les uns et les autres soient mesurés dans leurs propos. Tout ce que nous avons vécu dans ce pays comme crise prend sa source sous la gestion du PDCI, singulièrement quand Bédié était président. C’est sous Bédié que les clivages entres les Ivoiriens se sont exacerbés avec l’ivoirité. Ensuite on a connu le coup d’Etat de 1999. Aujourd’hui encore, c’est Bédié et son parti qui commencent à s’attaquer à Ouattara et son parti après avoir cogéré le pays pendant 7 ans. Depuis que Ouattara a pris le pouvoir, tous ceux qui voulaient une nomination prennent la route tous les week-ends pour aller voir Bédié à Daoukro. Ils ne vont pas à Assinie les week-ends pour voir Ouattara. A bientôt 100 ans, Bédié devrait en quelque sorte être le président d’honneur de la Côte d’Ivoire et non chercher à revenir dans le jeu politique. Mais le président ne doit pas s’inquiéter. Il a avec lui, 13 ministres du PDCI qui le soutiennent et qui ont une base électorale et plusieurs dizaines de députés et de sénateurs. C’est déjà très bien face à un PDCI divisé et un FPI fracturé.

Contrairement à ce que vous avancez, certains observateurs estiment que la sortie du PDCI du RHDP risque de soulever des tensions…

La sortie du PDCI du RHDP ne constitue pas un danger pour la cohésion en Côte d’Ivoire. Le  gouvernement actuel compte 13 ministres issus du PDCI RDA. Depuis 2011, donnez-moi le nom d’un seul ministre PDCI qui a démissionné. Il n’y a en pas. Alors, si ces ministres sont avec le président Ouattara, cela revient à dire que le président est sur la bonne voie  dans sa gouvernance. Mieux, après Houphouët Boigny, aucun président ne peut se comparer à Ouattara dans ce pays. S’il y a une élection, c’est Bédié qui aura des problèmes parce que le bilan de Ouattara plaide largement en sa faveur. En plus, Ouattara a le soutien de plusieurs ministres, présidents d’institutions, députés, maires et sénateurs du PDCI RDA.  Donc s’il y a une élection, c’est Bédié qui aura des problèmes.

Au-delà de ce que vous dites,  au niveau du RDR, la famille politique du chef de l’Etat, d’aucuns disent que ce n’est pas également la grande cohésion.  L’on dit que le torchon brûle entre Ouattara et Soro. Est-ce que cela ne risque pas de fragiliser la machine politique du chef de l’Etat ?

C’est un peu exagéré de dire que le torchon brûle entre  Guillaume Soro et Alassane Ouattara. Je peux vous dire que la plupart de ceux qui étaient dans la rébellion avec Soro, y compris les ex-chefs de guerre,  sont aujourd’hui avec Ouattara et la République. Je suis un ancien de la rébellion et je sais de quoi je parle.

Que pensez-vous de l’amnistie accordée à 800 prisonniers de la crise post-électorale dont certains ont commencé à tenir des discours guerriers ?

Je salue cette mesure d’amnistie du chef de l’Etat. Mais je regrette le ton du discours guerrier de certains bénéficiaires de cette amnistie. C’est en cela que j’interpelle ceux qui s’agitent et qui parlent de succession du président Ouattara. Je suis d’avis qu’il faut le passer le pouvoir à une nouvelle génération. Mais il faut que cette génération soit préparée aussi. Vous voyez des gens, à peine ils franchissent le portail de la prison, ils recommencent avec les menaces et les discours guerriers au lieu de remercier le chef de l’Etat. C’est en cela qu’il faut bien préparer  l’après Ouattara parce que si cela n’est pas fait, ces aventuriers risquent de faire replonger la Côte d’Ivoire. C’est Ouattara seul qui a l’antidote de ces gens-là. Il ne faudrait donc pas que le président Ouattara quitte le pouvoir de façon précipitée. Prenez le cas du Rwanda qui est cité aujourd’hui en exemple par toute la planète.

Ce pays ne s’est pas construit en seulement dix années. Vous connaissez aussi les conditions dans lesquelles Kagamé est arrivé au pouvoir. Il pouvait dire après ses deux premiers mandats qu’il allait se retirer. Mais quand il a vu les risques que courait son pays après son départ du pouvoir, il a décidé de rester. A l’époque, la communauté internationale a beaucoup parlé, mais  aujourd’hui tout le monde lui donne raison et l’applaudit et son pays est un modèle achevé de développement sur tous les plans. Aujourd’hui, nous avons une Constitution qui permet au président Ouattara d’être encore candidat. Il est vrai que la dernière décision lui revient, mais personnellement, je plaide pour qu’il continue afin de réaliser en Côte d’Ivoire ce que Kagamé a fait pour le Rwanda. Dans ce pays frère, après le génocide, Kagamé a mis ses deux premiers mandats à profit pour réconcilier ses compatriotes et poser les fondements du développement prodigieux que nous voyons aujourd’hui. On pouvait crier au loup, mais aujourd’hui quand on regarde ce que Kagamé est en train de faire pour son pays, on veut même qu’il soit là ad vitam aeternam.

C’est comme ça moi je perçois le passage du président Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui on entend beaucoup de choses par rapport à 2020, mais j’estime que nous avons eu la chance d’avoir un monsieur comme Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Prendre un pays dans  l’état dans lequel la Côte d’Ivoire était en 2011 et la repositionner là où elle est aujourd’hui, c’est un travail extraordinaire et remarquable qui doit être soutenu et poursuivi. Mais comme je l’ai dit un peu ci-haut, la dernière décision lui revient et il lui appartient, s’il le souhaite,  de bien préparer cette nouvelle génération à qui il veut passer le témoin.

Entretien réalisé par Kra Bernard

 

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