Accueil CULTURE L’intégralité des questions des journalistes avec le ministre Mamadou Touré, à l’occasion de la presse de l’UNJCI organisé ce 25 Octobre 2018 à la maison de la presse d’Abidjan, Plateau.

L’intégralité des questions des journalistes avec le ministre Mamadou Touré, à l’occasion de la presse de l’UNJCI organisé ce 25 Octobre 2018 à la maison de la presse d’Abidjan, Plateau.

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Monsieur le ministre, pouvez nous donner les chiffres exact du taux de chômage des jeunes en Côte d’Ivoire, parce que c’est un taux qui est à la base de beaucoup de polémique? La dernière fois votre prédécesseur, Sidi Touré a donné des chiffres qui plus tard ont été démenti par le porte parole du gouvernement. Alors qu’en est t-il exactement ?

Le premier intervenant réveille une vieille polémique notamment sur le taux de chômage. J’ai été un des conseiller de la jeunesse auprès du président de la république, à ce titre j’ai participé aux conseils présidentiels qui ont permis la mise en place de toutes les reformes. Excusez-moi du peu mais souvent la question de fond est de savoir est ce que nos journalistes écoutent bien les autorités quand elles parlent.

Est ce qu’ils n’écoutent pas avec des aprioris qui font qu’on prend des bouts d’éléments d’informations et on crée soi-même des incohérences, là où il existe une parfaite cohérence dans les dires. Ce qui permet donc de répondre aux différentes questions. Sur le taux de chômage, historiquement, il est important de savoir qu’avant l’arrivée du chef de l’Etat SEM Alassane Ouattara, il n’y avait jamais eu de véritables enquêtes sur la situation de l’emploi dans notre pays. La dernière qui avait été faite mais qui n’était pas une réelle enquête sur la situation de l’emploi de notre pays était une enquête qui avait été piloté par le ministère du plan à l’époque en 2002 sur le niveau de vie des ménages.

Cette enquête en 2002 disait que nous avions 980 000 chômeurs en Côte d’Ivoire à cette époque et que nous avions aussi 3 millions de personnes dont le statut était confus. Cela signifiait que si on se referait à la définition du chômage ces personnes ne pouvaient être considérées comme chômeurs et si nous prenons la définition du travail ces personnes ne pouvaient être plus considérées comme en situation de travail. C’est cette situation qui a amené les enquêteurs a parlé de 4 millions de chômeurs et assimilés en Côte d’Ivoire.

La presse, elle a simplement dit 4 millions de chômeurs en Côte d’Ivoire. Je tiens à faire ce rapport historique de vérité que chacun pourra aller vérifier et chercher dans les documents. On dit 4 millions de chômeurs et on a fait des extrapolations. Donc si nous avons 4 millions de chômeurs en 2002 et qu’on prend un taux d’inflation de 3 % chaque année, à partir de 2012,2013 et 2015 on a même montré des chiffres de 7 millions de chômeurs en Côte d’Ivoire.la seule vraie enquête menée est celle qui a été faite en 2012 pilotée par le ministère de l’emploi avec l’appui du bureau international du travail le (BIT) et d’africaStats, qui est l’une des plus grosses structures de statistiques en Afrique. Cette enquête a permis de sortir les premiers vrais chiffres et ces chiffres disaient en 2012 que nous avions 9 % de chômeurs en Côte d’Ivoire.

Et avec la dynamique économique de 9 % de chômeurs en Côte d’Ivoire en 2012 nous sommes passés à l’année qui suit à 5% de chômeurs en Côte d’Ivoire et nous sommes redescendus à 2% de chômeurs en Côte d’Ivoire. Lorsqu’on le dit ce qui choque ce sont les chiffres. Effectivement comment pouvons dire qu’il y a 2% de chômeurs en Côte d’Ivoire lorsqu’il y a beaucoup de jeunes en Côte d’Ivoire qui sont en quête d’Emplois. Quelle est la crédibilité de ces chiffres quand on voit la maison chez nous même des jeunes qui ne travaillent. Mais là ou on aurait du nous mettre d’accord et cela est une tare c’est sur la définition du chômage.

Chacun n’a pas a donné sa propre compréhension et sa propre définition du chômage.car c’est le BIT qui donne sa définition du travail. Et c’est cette même définition qui s’applique dans les pays au monde. Et au nom de cette définition qui va au delà de notre perception et selon les critères là ou vous avez 2,8 % de chômeurs en Côte d’voire, au Liberia vous avez 3% de chômeurs, au Mali vous avez autour de 5% de chômeurs. Tous ces résultats sont donnés sur la base de la définition stricte donnée par le bureau international du travail.

Ensuite il existe un autre débat, que fait-on de tous ces jeunes qui disent ne pas avoir d’opportunité de travail. Dans cette veine, La banque mondiale va produire un rapport qui date il ya deux ou trois pour dire que l’Afrique n’ pas un problème de travail de jeunes mais l’Afrique a plutôt un problème de précarité et de sous emploi au niveau du travail des jeunes. Qu’est ce que cela veut dire? Cela veut dire que si on s’en tient au niveau de la définition du chômage chez les jeunes cela masque une grosse réalité.

C’est la plupart de ces jeunes africains qui vivotent à travers ces petits métiers.il ne le faut pas pourtant pas qu’ils ne rentrent pas dans la définition stricte du mot chômage, puisqu’ils ont une activité qui leur procurent un revenus réguliers. Mais ce travail fait dans l’informel c’est-à-dire qui les mets déjà dans une insécurité et souvent avec des revenus qui ne leur permet pas de vivre decement.ces jeunes vivent donc dans une précarité.il est important de souligner que nous n’avons pas les mêmes structures qu’en Europe.

Là bas l’emploi informel n’existe quasiment pas. Nous avons des économies très structurées où l’emploi formel est beaucoup plus important là où dans nos pays 97% des emplois sont dans l’informel. Donc au lieu de discuter des chiffres allons premièrement sur les définitions, ensuite allons sur les réalités et on pourra faire ressorti réellement la situation de gens qui nous entoure. Lorsque le ministre Sidi a fait sa conférence d’ailleurs je tiens a souligné que nous partageons énormément le contenu de ce qu’il avait dit car il n’a fait que dit la vérité. On pourra fait les polémiques comme on veut mais il n’a fait que dire la vérité. J’avais ma belle sœur le soir à la maison qui m’interpelle.

Là vous exagérez, comment pouvez vous dire qu’il ya de 2% de chômeurs en Côte d’Ivoire. Comme je suis très factuel je lui ai demandé est ce qu’elle a des gens qui ne travaillent pas. Elle me répond qu’elle a trois ou quatre amis qui ne travaillent pas. Alors dis-moi leur situation. Elle me donna le cas de sa camarade du nom de Betty qui est à l’Ecole nationale d’administration.

Je lui réponds que Betty est à l’école donc on ne peut pas considérez tous les étudiants come des chômeurs. Elle continua, il ya X qui a elle a eu un stage, elle vient d’être embauché.je lui réponds que cette personne ne peut-elle après être prise en compte par la définition. Puis ainsi de suite. A cours d’exercice, elle a réalisé que ces trois amis en prenant la définition sont soit travaillent, soit sont occupés ou sont en activités.

Mais la réalité que nous devons regardez c’est la précarité du grand nombre de jeunes ce qui les exposent. Et l’Etat doit travailler et c’est ce que le chef de l’Etat et le premier ministre s’emploient à le faire, à aider les jeunes à sortir de l’informel pour aller vers des emplois décents et sécurisé.

 

 

Monsieur le ministre en 2015, le président de la République Alassane Ouattara avait annoncé que ce sont un millions d’emplois qui ont été crées sous sa présidence. En 2016, il annonçait à nouveau que ce sont 600 000 emplois qui ont été crées. Mais avant les 600 000 emplois, le ministre Sidi Touré votre prédécesseur nous annonçais lui un chiffre de 2 millions d’emplois crées, au regard de tous ces chiffres qui changent, monsieur le ministre nous sommes un peu perdu. Alors depuis quelques mois que vous êtes la tête du ministère de la promotion civique de l’emploi, de la jeunesse et de la promotion de l’emploi, pouvez vous nous dire réellement à combien d’emplois crées sommes nous depuis l’accession du président Alassane Ouattara à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire ?

 

Sur les chiffres c’est vous qui avez voulu entendre ce que vous avez voulu entendre, ce sont deux millions d’emplois qui ont été crées avec un million d’emplois dans le secteur de l’agriculture. Avec la fonction publique et le secteur parapublic qui ont permis sur la période de recruter 350 000 personnes. Avec le secteur privé qui a permis de recruter 600 000 personnes.

Donc quand vous additionner le tout tous vos chiffres se retrouvent dedans. C’est ce qui fait que lorsque vous entendez soit 600 000 emplois ou 350 000 emplois sans chercher à comprendre le registre dans lequel ce type d’emplois se trouve vous regroupez tout ensemble. Le secteur de l’agriculture même si nous traversons quelques difficultés en ce moment on est d’accord que de 2012 à 2016, il y avait une dynamique dans ce secteur qui fait qu’avec les prix qui était pratiqués beaucoup de personnes se sont adonnées à ce secteur donc il ya rien d’incohérents. Maintenant ce qui pose problème dans le débat, ceux qui contexte la véracité de nos chiffres sont incapables de nous dire leur source. Quand vous dites monsieur le ministre Mamadou Touré vos chiffres de taux chômage sont faux, c’est vrai, que vous dites que ces chiffres ont été validés par la banque mondiale, le BIT parce que ces institutions sont sérieuses et ne peuvent s’associer à un gouvernement pour mentir mais voici que j’ai qui le contredise d’autres sources crédibles. Sans tout cela on dit que c’est faux. Je réitère donc que le taux de chômage dans notre pays est passé de 9 % en 2012 à 2% en 2018.

Et l’on s’accorde à dire que dans la période la dynamique économique était telle que des jeunes ivoiriens sont employés à faire des routes, sont engagés par exemple à faire les emplois que le barrage de Soubré crées par exemple. Aussi lorsqu’on lance les projets d’électrifications sur tout le territoire, lorsqu’on construit par exemple 15000 salles de classes car elles ne se construisent elles même tout de même. Ce sont tous ces projets qui permettent de dire que tous ces jeunes qui n’étaient pas en situation d’emplois ont réussis à travers tous ces programmes lancés par le gouvernement et les investissements qui ont faits par exemple. Quand Carrefour ouvre par exemple à Abidjan ce sont plus de 3000 emplois qui sont crées et ce sont des jeunes qui sont recrutés et qui sortent de la situation des gens qui ne travaillaient pas.

Mais pourquoi vous ne comptabilisez pas tous ceux là ? Et continuez de penser que la situation est resté statique de 2011 jusqu’à maintenant, il ya eu une évolution. Et çà nous l’allons l’affirmez sans complexe mais nous disons que par honnêteté que le nombre de jeunes qui sont en précarité qui sont en attente d’un avenir meilleur est trop important. Certes les résultats obtenus sont positifs mais restent insuffisants ce qui fait que beaucoup d jeunes autour de nous peuvent se plaindre de n’avoir pas été pris en compte. D’où la vision du chef de l’Etat au cœur de ses priorités. Et ce sont les instructions qui ont été donné à l’ensemble du gouvernement à l’effet de tout faire pour aller plus loin dans les résultats.

 

Ma question concerne l’adéquation entre la formation et l’emploi. En effet, récemment une des mes voisines qui est en faculté de criminologie à l’université Felix Houphouet Boigny s’interrogeait sur cette question. Alors que comptez-vous faire pour résoudre cette problématique puisque vous êtes à la tête du ministère de l’emploi, de la jeunesse et de la promotion du service civique pour aidez ces personnes qui sont dans les filières peu porteuses ?

 

Sur votre voisine je répondrais par deux choses. J’ai eu l’opportunité cela a été dit en 2009 d’organiser les assises de la journée. J’ai moi-même appartenu à plusieurs organisations internationales au niveau de la jeunesse, ce que je dis très souvent ce que nous avons un réel problème de changement de mentalités dans notre pays. Ce que nous voyons ailleurs et ce qui est fait ailleurs nous refusons de le faire dans notre pays.

Ailleurs aux Etats unis, en France la reconversion est une réalité. Si vous avez fait des formations initiales dans une filière donnée. Parce que les emplois évoluent, vous devez décider de continuer de vous former et à vous adaptez aux emplis nouveaux. Vous pouvez avoir faire la criminologie et puis au bout de quelques années découvrir que ce secteur n’est pas porteur, vous pouvez vous lancez dans des programmes de reconversions pour apprendre d’autres métiers ou aller dans d’autres filières pour améliorer votre capités, votre employabilité pour continuer à travailler. D’ailleurs au sein de l’agence emploi jeunes nous avons un programme de reconversion qui s’adresse aux jeunes mais au delà des mesures spécifiques de l’Etat, c’est d’abord un projet de vie personnel pour chacun d’entre nous.

Quand je prends mon exemple j’ai moi-même commencé par le droit après je me suis retrouvé à science Po à faire le management des politiques de développement parce qu’un moment donné où vont les choses l’évolution des choses je me suis dis qu’il fallait faire une reconversion. Alors vous pouvez dire à votre voisine de se rendre dans une agence emploi jeunes dès demain pour voir si elles rentrent dans les critères de sélections pour être prises en compte dans les politiques de reconversions mis en place par l’agence emploi jeunes. Si elle ne rentre pas dans les critères, d’âge par exemple en ce moment nous allons lui conseillé de faire des formations à côté pour qu’elle puisse s’orienter vers les secteurs porteurs.

 

Monsieur le ministre, selon les débats en cours actuellement sur les réseaux sociaux il ressort que beaucoup de jeunes admis aux différents concours de la fonction publique sont originaire du nord. Ma question de savoir pourquoi une telle situation ? Puisque c’est effectivement monsieur le ministre c’est le sentiment qui se dégage dans l’opinion nationale. Alors comment cela se fait-il ?

J’avais pris le soin de dire au président de l’UNJCI que je fais trop de politique pour venir encore faire de la politique au cours de cette conférence. Pour une fois je souhaitais être dans mon domaine puisque l’on me connaît assez dans les medias pour les débats politiques car Dieu seul sait que j’en fais. J’aurais préféré que cette conférence soit le cadre de savoir que je fais aussi beaucoup de travail technique mais je vois qu’avec subtilité il y a des questions politiques, je ne vais donc pas m’y dérober je vais donc répondre. Alors les questions à relent politique relative au concours à la fonction publique, j’ai envie de vous poser des questions à savoir comment est ce que vous le savez et comment est ce que vos pouvez le donner des éléments ? Parce que je ne veux pas parlez des manipulations qu’on assiste sur les réseaux sociaux.

Où des individus prennent des noms sur une liste donnée et on l’assemble parce que aujourd’hui tout est possible sur les réseaux sociaux. En effet, je vous donne un autre exemple de ce qui illustre ce fait. En 2012, je reçois en ma qualité de conseiller de la jeunesse du président de la République l’ensemble des organisations de jeunesse, partis politiques y compris pour une réunion. A l’occasion de cette rencontre de concertation effectué dans un élan de réconciliation, en prélude à la visite du chef d’Etat dans l’Ouest du pays ces jeunes et moi devions nous entretenus. A cette rencontre on avait les jeunes de tous les bords politiques, PDCI, LMP, MFA, UDPCI etc.

quand un des participants, mon ami Kané qui est du RPP prend la parole et lance tout bas à son voisin, la présidence ici c’est Djoulabougou, au moment où il dit cela il ya un autre jeune qui l’interpelle et moi sans qu’il ne sache je saisis ce qui se passe .Alors je lui demande d’aller au bout de sa logique parce que en ma qualité de conseiller du chef de l’Etat je me dois d’être informé de tout ce que pensent les populations afin de pouvoir le remonter au président. C’est alors qu’il explique qu’effectivement il avait dit que la présidence est un Djoulabougou, parce que du secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, il est du nord, lorsqu’on prend Ibrahim Ouattara, il est le DAF de la présidence, lui aussi il est du nord. Lorsqu’on le chef de cabinet de la présidence, Sidi Touré, lui aussi est du nord et lorsqu’on prend le directeur de cabinet adjoint, Drissa Koné, lui aussi il est aussi du nord.

C’est alors que je lui réponds que c’est facile de prendre une situation et prendre quelques éléments et sorti une logique pour tirer une conclusion. Or nous avions appris en philosophie que la logique n’est pas forcement la réalité. Je demande donc que nous prenions la même situation et que nous reprenions son exercice avec la même réalité. Alors je lui explique le secrétaire général du gouvernement s’appelle Amadou Gon, mais qui est le secrétaire général adjoint, il s’appelle Mr Koua, il est de l’Ouest. Le directeur de cabinet adjoint de la présidence est du nord, mais qui est le directeur de cabinet de la présidence, il s’appelle Amon Tanoh. Le chef de cabinet est M. Sidi Touré tandis que le chef de cabinet adjoint est madame Mouloud qui est elle est de Bassam.

Qu’est ce qui faut retenir ? C’est que dans une situation de parfaite équilibre vous, vous avez décidé de remette cette situation selon la logique selon laquelle vous êtes formatez.

Et çà Ce sont souvent des cas de manipulations que tout le monde n’a pas l’habitude souvent du recul pour analyser et voir. Ceci étant, il est important de rappeler que le président a mis un point d’honneur sur l’égalité des chances de tous les ivoiriens. Et qu’au niveau les plus élevés, pour les hautes fonctions dans l’administration, un comité interministériel statue sous la présidence des différents premiers ministres qui se sont succédé à veiller au respect de tous les équilibres avant que des individus ne soient nommés à des postes.

Ceci étant pour le département dont j’ai la charge je reste ferme que je ne veux pas de copinage.et le premier que je prendrai en train de faire cela sera viré de ses fonctions. Pour l’ensemble des jeunes de Côte d’Ivoire, nous indiquons que nous mettrons un point d’honneur sur le respect de ce principe décrété par le président de la république. Pour faire cours et rassurer mon frère Boga Sivori, beaucoup de jeunes qui ne sont pas originaires forcement de la région du nord occupent de hautes responsabilités au haut niveau.

Retranscris par Jean Eden Kouamé

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