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L’Éditorial: Trop d’indisciplinés !

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Traoré Moussa

 

Ça saute à l’œil. Les Ivoiriens ont fait de l’indiscipline leur sport national. Le Gouvernement fait des efforts pour offrir à la population de nouvelles routes bitumées. Ainsi des routes qui, depuis 30 ans n’ont pas été réhabilitées et qui sont dans un état de délabrement très avancé, sont en train d’être remises à niveau. Au Plateau, par exemple, Alassane Ouattara et son Gouvernement sont en train de reprendre toute la voirie.

Mais, aussitôt  ce travail colossal qui nécessite d’importantes ressources financières abattu, des individus peu consciencieux annihilent tous les efforts entrepris. Les exemples foisonnent et montrent à quel point l’indiscipline des Ivoiriens tire leur pays vers le bas.

En plusieurs endroits d’Abidjan, des gens installent des lavages automobiles de façon anarchique et l’eau se déverse sur la chaussée et l’abîme.  Tranquillement. Il suffit de jeter un coup d’œil du côté de la base CIE de Niangon, à Yopougon  pour s’en convaincre. Tout le monde voit cette destruction presque volontaire des biens publics mais on s’en moque. On détruit volontairement le goudron pour dire après qu’il était biodégradable. Les sociétés qui se sont spécialisées dans la fabrication du béton, elles, déversent chaque matin leur pâte de ciment  sur le bitume en plusieurs endroits sur les voies nouvellement bitumées. Ce béton se solidifie et crée de nombreuses bosses sur les routes. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le boulevard de France dans le prolongement de la voie qui relie l’église Notre Dame de la Tendresse et le camp d’Akouedo pour comprendre l’ampleur des dégâts.

Autre problème lié à cette indiscipline des Ivoiriens, ce sont les violations graves du code de la route qui occasionnent des accidents ridicules. Très souvent les feux tricolores et les panneaux de signalisation sont déterrés après ces accidents, causés par des chauffards bourrés d’alcool. Et personne ne répare ces infrastructures, on s’en moque. En ce qui concerne les glissières de sécurité et les parapets des ponts, c’est la catastrophe totale. Des automobilistes  irrespectueux des  vitesses et mesures de sécurité imposées ne font que fracasser ces outils construits pour protéger les autres citoyens. Tant que la réparation immédiate et obligatoire des infrastructures détruites par les responsables ne sera pas imposée, les gens ne retrouveront pas le droit chemin. Les Ivoiriens ont besoin de fermeté. La ministre Anne Ouloto a beau demander à ses compatriotes d’arrêter les affichages anarchiques d’annonces publicitaires, rien ne change. Les panneaux de signalisation et les pylônes des ponts sont devenus des tableaux d’affichage. Si demain on contacte les colleurs de toutes ces affiches à partir de leurs numéros pour leur demander de payer le nettoyage, nous restons convaincus que les mentalités changeront. Tant que le bâton ne sera pas brandi, les gens ne bougeront pas. La balle est dans le camp des décideurs.

Traoré Moussa

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