Accueil ÉCONOMIE Interview/ Dr Adama Coulibaly (Directeur général du Conseil Coton-Anacarde) : « Comment la réforme de 2013 a sauvé le coton et l’anacarde »

Interview/ Dr Adama Coulibaly (Directeur général du Conseil Coton-Anacarde) : « Comment la réforme de 2013 a sauvé le coton et l’anacarde »

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Le Conseil du coton et de l’anacarde s’efforce de valoriser de manière significative les deux spéculations, dont il a la mission d’assurer la régulation, le suivi et le développement. Dans cette interview exclusive accordée à L’Expression, Adama Coulibaly, son Directeur général, détaille l’ambition affichée par le gouvernement de transformer la quasi-totalité de la production nationale. 

Si vous devez faire un diagnostic,  comment se portent aujourd’hui les filières Coton et Anacarde, de façon générale?

Il faut déjà préciser qu’il n’y a pas une filière Coton-Anacarde. Il y a deux filières. Il y a la filière coton et la filière anacarde. Comme vous pouvez l’imaginer, le coton est une culture annuelle alors que l’anacarde est une culture pérenne. Il est donc difficile d’associer les deux. L’association des deux, au niveau de la décision politique, vient du fait que les deux spéculations partagent la même aire géographique. Puisque les principales cultures de rente, que sont le café et le cacao, ne prospèrent pas dans le nord et le centre du pays, il fallait trouver deux locomotives d’économies rurales dans ces régions. C’est en cela que la décision du président de la République, SEM Alassane Ouattara est très pertinente de dire que l’économie du sud est irriguée par le binôme Café-Cacao et l’économie des régions Centre et Nord qui sont les régions  savanicoles est irriguée par les deux filières Coton et Anacarde.

« Ce sont les producteurs qui constituent nos préoccupations majeures »

Aujourd’hui, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans vos rapports avec les producteurs ?

Non, nous n’avons pas de difficultés avec les producteurs, que ce soit ceux de l’anacarde ou du Coton. Nous sommes à la disposition des producteurs. Nous sommes une institution à la disposition des deux filières en générale et des producteurs en particulier. Ce sont eux qui constituent le plus grand nombre. Ce sont eux qui vivent en milieu rurale qui font l’économie de la Côte d’Ivoire. Rappelez-vous que l’économie de la Côte d’Ivoire repose sur l’Agriculture. Ce sont les producteurs qui constituent, donc, nos préoccupations majeures. Nous ne pouvons donc pas avoir des difficultés avec eux. Car, si c’est le cas, cela voudrait dire que nous avons des difficultés avec nos « employeurs ». En clair, nos rapports sont bons. Nous sommes  au service deux filières et plus particulièrement des producteurs.

Si vous êtes au service des producteurs, cela veut dire que vous êtes fréquemment en contact. Alors, quelles sont les préoccupations qu’ils vous exposent le plus souvent ?

Les préoccupations sont relatives aux différentes problématiques de la production et de la commercialisation. Au niveau de la production, il se trouve que certains vergers qui produisent aujourd’hui, notamment dans la filière cajou, ont 50 ans d’âge. Ce sont des plantations qui ont été créées dans un contexte de lutte contre l’érosion pour protéger les sols, contre l’avancée du désert, etc. De l’écologie, aujourd’hui, il s’agit pour nous de transférer cette ambition dans l’économique. Pris sous cet angle, les rendements ne sont pas  satisfaisants. Nous sommes donc dans une dynamique de renouvellement du verger. Nous sommes aussi dans une dynamique d’éclaircissement des plantations qui n’ont pas été plantées selon les normes techniques. A savoir 100 plans à l’hectare. Nous sommes dans une dynamique d’acquisition de matériels performants qui donnent des rendements meilleurs. Sur la commercialisation, il y a la problématique de la qualité de la production. Sur le marché international, nous sommes en compétition avec d’autres pays. Nous devons mettre sur le marché des produits de qualité et qui permettent d’avoir des marges financières supérieures à ce que les commerçants peuvent avoir. Le coton est une plante annuelle. C’est une filière qui est bien structurée. Les sociétés cotonnières sont de vieilles sociétés avec des professionnels en leur sein. Ils font bien leur boulot. Mais, nous veillons à ce que lorsque la campagne arrive, les intrants soient accessibles à temps, en qualité, en quantité et à prix abordables pour le producteur. En définitive le revenu du producteur est impacté par deux choses que sont : le volume et la qualité

Quelles ont été, pour la Côte d’Ivoire, les retombées de la 76è Assemblée du Comité consultatif international du coton à laquelle vous avez participé en octobre 2017 en Ouzbékistan ?

L’Ouzbékistan a eu l’avantage d’abriter la 76è plénière du Comité consultatif International du Coton, qui est l’équivalent de l’ICCO dans le Cacao et de l’OPEP dans le pétrole. C’est donc une organisation faitière qui a été créée en 1939 et le siège se trouve à Washington. Cette organisation fait donc une seule assemblée par an. C’est une assemblée tournante dans les pays membres. Il se trouve que la Côte d’Ivoire n’a jamais abrité cette réunion. Nous avons donc posé la candidature du pays avec l’appui de nos autorités de tutelle, c’est-à-dire le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural Mamadou Sangafowa Coulibaly et le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.  La 76è plénière a voté à l’unanimité et avec beaucoup d’enthousiasme la candidature de la Côte d’Ivoire, qui avait été présentée par le secrétariat exécutif, qui lui-même, avait accepté cette candidature le 1er mai 2017 à son siège à Washington. Si on veut parler de retombée principale, c’est le fait que cette 76è plénière ait décidé que la 77è plénière se tienne en Côte d’Ivoire. Et nous avons stabilisé avec le secrétariat exécutif les dates. Cette 77è assemblée se tiendra donc du 3 au 8 décembre 2018 au Sofitel-Hôtel Ivoire. Nous sommes en pleins préparatifs. Nous attendons près de 400 participants qui viendront du monde entier. D’ailleurs, certains mettront les pieds en Afrique au sud du Sahara pour la première fois. Pour nous, c’est un gros challenge. Pour la Côte d’Ivoire, c’est extrêmement important. C’est un rendez-vous bénéfique pour notre filière. Cela permettra de faire briller notre pays comme l’étoile du coton dans le monde entier. Les regards de tous ceux qui s’intéressent à la filière coton seront tournés vers la Côte d‘Ivoire pendant cette période. C’est une forte satisfaction pour nous.

Concrètement, qu’est-ce qui a milité en faveur de la Côte d’Ivoire pour que la 76è plénière porte son choix sur le pays ?     

Nous avons l’avantage d’avoir des dirigeants crédibles. A l’international, cela compte beaucoup. Lorsque vous avez un dirigeant comme le président Alassane Ouattara à la tête d’un pays, cela vous facilite énormément la tâche. Je peux vous affirmer que dans mes nombreux voyages, lorsque vous dites que vous venez de la Côte d’Ivoire, les gens ne se retrouvent pas. Mais lorsque vous dites, le pays du président Alassane Ouattara, ils se repèrent alors dans l’espace. La qualité des dirigeants, le leadership du président Alassane Ouattara, c’est un atout pour toutes les démarches que nous entreprenons à l’international. J’aimerais lui rendre hommage à cet effet et lui exprimer toute notre admiration pour la qualité du leadership avec lequel il gouverne le pays.

Comment le producteur de Katiola ou de Ouangolo va-t-il ressentir les retombées de cette 77è plénière ?

Le producteur ressentira l’impact de ce grand rendez-vous à travers les avantages que les sociétés cotonnières vont acquérir au cours de cette plénière. Parmi les 400 personnes qui viendront, vous avez des scientifiques, ceux qui font la recherche sur le coton. Vous avez les traders, ceux qui achètent les fibres de coton. Certains achètent la fibre de coton ivoirienne par internet sans jamais avoir mis les pieds en Côte d’Ivoire. Le contact physique entre eux et les commerciaux des sociétés cotonnières est un avantage. Le fait que les firmes phyto-sanitaires viennent découvrir la Côte d’Ivoire, cela va créer de l’enthousiasme et des relations commerciales qui vont ouvrir des horizons et de nouvelles perspectives pour l’ensemble des sociétés cotonnières et in fine se répercuter sur le producteur. Ce dernier pourra capter les bénéfices à travers un regain de dynamisme au niveau de la recherche scientifique, de la commercialisation de la fibre et à travers l’ensemble des activités qu’ils mènent et notamment l’acquisition des intrants, engrais, NPK, etc.

« Nous avons l’avantage d’avoir des dirigeants crédibles. A l’international, cela compte beaucoup »

Le prix du coton graine de premier choix est fixé actuellement à 265 F Cfa/Kg, et cela n’a pas changé depuis 2016. Qu’est-ce qui explique cela ? 

En fait, le gouvernement ne veut pas toucher aux recettes des producteurs. Lorsque vous regardez dans la sous-région où je vous invite à faire des comparaisons, vous allez constater que la Côte d’Ivoire donne le plus fort prix à ces producteurs, comparativement au Mali et au Burkina qui sont les plus grands producteurs. Si nous regardons comment se comporte le marché international, il est évident que le producteur devrait avoir moins. D’ailleurs, c’est l’interprofession qui est chargée de proposer le prix. Sur les campagnes 2015-2016, elle a proposé 235 F Cfa, en 2016-2017, elle a proposé 253 F Cfa,  et 2017-2018, 249 F Cfa. Et à chaque fois, le gouvernement s’est fait fort de remonter à 265 F Cfa en prenant l’engagement auprès des sociétés cotonnières de combler le gap, au cas où à la fin de la commercialisation, il ressort une perte pour les sociétés cotonnières. En réalité, le gouvernement veut stabiliser le revenu du producteur de façon à donner un véritable sens à la création de richesses. Parce que nous ne parlons plus de lutte contre la pauvreté dans les régions rurales, mais de création de richesses.

Pouvons-nous espérer une augmentation du prix du coton à la faveur de la campagne 2018-2019 ?

Oui, bien sûr, nous l’espérons. Vous savez que la campagne 2017-2018 s’est terminée de façon brillante par des résultats qui montrent que tous les indicateurs sont au vert.  Nous avons augmenté notre volume de production qui est passé de 328 000 tonnes 412 000 tonnes. Ce n’est quand même pas rien, d’une campagne à une autre. C’est un progrès. Mais la plus forte satisfaction vient du rendement qui est passé de 955 kg/hectare à 1261 Kg/ hectare. Si vous suivez les informations, vous voyez qu’avec le producteur de coton, en 2017-2018, il n’y a pas eu d’arriéré de paiement contrairement aux autres campagnes. En fait, pendant chaque campagne, les producteurs se retrouvent avec des impayés vis-à-vis des sociétés cotonnières, parce qu’au moment du semi, elles avancent des intrants. A la fin de la campagne donc, elles défalquent les prix des intrants de la recette des producteurs. C’est la première fois que les  producteurs ont pu rembourser à 99% tous les crédits que les sociétés cotonnières leur ont accordés. Cela veut dire que la dernière campagne a été excellente pour les producteurs. Cela les motive davantage. Cette année, les semis sont en cours. Et selon les instructions du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, nous devons relever le nombre de producteurs, de façon à relever les superficies semées. Car l’objectif est de parvenir à 600 000 tonnes  à l’horizon 2020. Nous sommes actuellement à 412 000 tonnes. C’est-à-dire à 188 000 tonnes de l’objectif. Il nous appartient de grignoter sur la campagne (2018-2019) qui a démarré.

Nous savons que dans les années antérieures, la Côte d’Ivoire était bien placée au rang africain et mondial. Mais à un moment donné la culture du coton n’était pas à la hauteur des attentes… Comment expliquer cette régression au niveau de la filière coton ?  

Vous savez que nous avons traversé une crise qui a duré 10 ans. Cette crise s’est déroulée plus dans les zones de production cotonnière, dans le nord. Du coup, il y a eu une désorganisation de la filière et une démotivation des producteurs, une désorganisation des circuits de commercialisation, des organisations professionnelles agricoles du secteur coton. Et l’un dans l’autre, cela a impacté négativement la production. C’est pourquoi, depuis la réforme de 2013, à la sortie de la crise, vous pouvez constater que nous sommes montés à 450 000 tonnes avant de baisser sur les deux campagnes. Et maintenant, nous sommes en train de remonter. L’autre phénomène, c’est la libéralisation. Elle a impacté négativement la production parce qu’elle a créé un certain désordre. C’est pourquoi, le gouvernement a pris sur lui de revenir au zonage. C’est un système qui demande à chaque société cotonnière de rester dans une aire bien déterminée. Qui est une zone dédiée à sa société. Le zonage réorganise l’espace de la société cotonnière en créant autour de chaque usine un espace qui est affecté à la société cotonnière qui l’exploite avec les producteurs. Cela a ramené beaucoup de sérénité  dans la filière en tout cas pour la campagne qui vient de s’écouler. Nous sentons que cette sérénité est en train de s’amplifier puisque les mises en place qui se font actuellement, d’après les informations dont nous disposons, permettent aux superficies d’être en hausse. Mais nous attendons la confirmation des chiffres.

A la réalité, le zonage peut-il vous permettre d’atteindre les 600 000 tonnes d’ici à 2020 ?

Bien sûr. Et il n’y a que ce système qui va nous permettre d’avoir des résultats stabilisés et pérennes sur le long terme. Lorsque vous êtes dans un système de libéralisation où chacun fait ce qu’il veut, cela crée le désordre. Nous étions dans cette situation dans la filière, où les sociétés cotonnières se marchaient sur les pieds des uns et des autres. Les déclarations qui étaient faites n’étaient plus fiables. Parce que les conseillers agricoles qui se trouvent dans les mêmes villages déclaraient les mêmes producteurs à leur société cotonnière. Chaque conseiller agricole voulait montrer qu’il travaille. Tous déclaraient donc les mêmes producteurs à leur société.

Cela faisait des doublons. A la fin, on se retrouvait dans une situation parfois avec des tentatives de commercialisation du coton reparties sur deux sociétés. Cela a joué en défaveur des résultats de la filière. J’affirme donc que le zonage ramène la sérénité dans la filière. Lors de la période de sensibilisation sur le zonage, il y avait des volontés opposées à ce système. Cela n’a pas été facile d’imposer le zonage. Ce système était perçu comme une mauvaise décision du gouvernement par un certain nombre de producteurs. Mais après une bonne campagne, tout le monde aujourd’hui, à l’exception de quelques petites poches de résistance, approuve ce système. Vous savez que l’unanimité à 100% n’existe pas. Il n’y a que 2% de personnes qui estiment que le zonage ne fait pas leur affaire. Ce sont des raisons qui sont liées à des pertes d’avantages personnels de certains leaders. Cela se comprend.

Lors de la campagne 2016-2017 de commercialisation de la noix de cajou, le prix bord champ a été fixé à 350 F Cfa/le Kg contre 275 F Cfa en 2015. En 2017, nous sommes passés à 440 F Cfa, soit une hausse de 90 F Cfa. Et dernièrement en février 2018, le prix bord champ s’est élevé à 500 F Cfa/ Kg. Qu’est-ce qui a favorisé ces différentes progressions ?

Merci de rappeler la progression des chiffres parce que beaucoup ont la mémoire courte. Lorsque le gouvernement fixe le prix, il y en a beaucoup qui font des déclarations pour dire que le prix n’est pas rémunérateur. En oubliant la progression que vous venez de rappeler. Avant la réforme, les noix de cajou se vendaient entre 25 F Cfa et 200 F Cfa. C’est lors de la première année de réforme que le gouvernement a  décidé de fixer à 275 F Cfa, le prix des  noix de cajou, ensuite à 350 F Cfa puis à 440 F Cfa et aujourd’hui nous sommes à 500 F Cfa. C’est un travail qu’il faut saluer. Malheureusement, il y a des personnes qui n’ont rien à avoir avec la filière mais qui font des déclarations pour dire des contrevérités.

Ils n’ont pas de plantations, ils ne sont même pas agréés pour être des acheteurs ou des exportateurs. C’est malheureux que ces personnes aient des relais dans des organes de presse de grandes audiences d’ailleurs. Nous déplorons cela. Ce que nous souhaitons, c’est que ces organes puissent recouper ces informations en venant vers nous pour avoir les bonnes informations. Le gouvernement a tiré leçon de la commercialisation du cacao. Dans le cacao, le prix est garanti. Lorsque le gouvernement fixe le prix à 1100 F Cfa, c’est obligatoirement cela que vous devez donner aux producteurs. Si vous donnez en dessous, vous êtes passible de peine allant jusqu’à l’emprisonnement. Au niveau de la noix de cajou, c’est un prix plancher. Cela veut dire que vous ne pouvez pas acheter en dessous du prix fixé par le gouvernement. Mais, en revanche, vous pouvez acheter au dessus. Et ce, en fonction de la demande et de l’offre et en fonction des forces en présence et des capacités de négociation des uns et des autres. Parce que le marché international n’est pas stable, il fluctue. A partir du moment où le gouvernement pense que si on donne 500 F Cfa à un producteur, il y trouve son compte, il fixe le prix et laisse la latitude aux producteurs et à l’acheteur une marge de négociation. Qui permet de répercuter éventuellement l’embellie sur le marché international. C’est ce qui s’est passé pendant les 3 dernières campagnes.

Au moment où on a fixé à 350 F Cfa/ le Kg, le prix sur le bord champ est monté jusqu’à 700 F Cfa. Lorsque nous sommes arrivés, l’année dernière, à   440 F Cfa/ kg, les prix ont atteint 950 F Cfa  sur le bord. Donc, la moyenne sur l’ensemble de la campagne 2017 a été de 715 F Cfa/ Kg que les producteurs ont capté pour un prix de 440 F Cfa/ Kg planché. Quand c’est beau sur le marché international cela se répercute sur le bord champ. Quand c’est négatif, la tendance inverse s’applique. Cette année, le marché international ne se comporte pas bien. Les prix en début de campagne sont montés jusqu’à 700 F Cfa, sont revenus à 650 F Cfa, à 600 F Cfa, à 550 F Cfa puis  se sont stabilisés autour de 500 F Cfa au moment où je vous parle.  Sur l’analyse que nous faisons en mettant en combinaison le comportement sur le marché international, la production, la demande des amandes, nous mettons tout cela dans un mixeur et cela nous permet de dire que la moyenne que nous pouvons fixer au producteur est de tel montant. Et le gouvernement nous suit et déclare le prix.

« Nous accompagnons l’ensemble des acteurs locaux et les exportateurs sur les marchés internationaux »

Quelles dispositions prenez-vous pour anticiper un éventuel mauvais comportement du prix au niveau du marché international ?

Les dispositions que nous prenons ne sont pas financières parce que nous ne sommes pas dans un système de stabilisation ou de prix garanti, contrairement au cacao. Nous sommes dans un système de prix plancher. Nous accompagnons l’ensemble des acteurs locaux et les exportateurs sur les marchés internationaux. La filière manque de lisibilité au Plan international de façon fiable. Cela est lié au fait que nous n’avons pas une organisation du genre Conseil consultatif international de coton ou encore ICCO dans le cacao ou OPEP dans le pétrole. Nous sommes donc en train de créer cette organisation qui sera donc le Conseil international consultatif de cajou. C’est une initiative prise avec le concours des acteurs d’un certain nombre de pays de la sous-région. Nous avons lancé cette organisation lors du SIETTA 2016. Aujourd’hui, il y a 9 pays qui ont signé la convention de mise en place de cette organisation.

Nous sommes en train de travailler à augmenter le nombre de pays. Le prochain Conseil des ministres, qui est l’organe de décision et d’orientation, se tiendra très bientôt à Cotonou après le premier qui s’est tenu le 29 septembre 2017 ici à Abidjan. Cette organisation a deux organes permanents. Il s’agit du Conseil des ministres et le Secrétariat exécutif. Le Conseil des ministres décide et oriente et le Secréterait exécutif met en œuvre et assure l’administration de cette organisation au quotidien. Peuvent être membres, tous les pays producteurs, les pays transformateurs, mais aussi les pays consommateurs. Car, il s’agit de l’ensemble de la chaîne de valeur de la noix de cajou. Le consommateur a son mot à dire dans la gestion de cette filière et sur la qualité du produit qui rentre dans son assiette.

Et c’est clair que la Côte d’Ivoire va abriter le siège de ce Conseil international….

La Côte d’Ivoire va abriter le siège. C’est la décision du Conseil des ministres. Le siège sera à Abidjan. Nous avons déjà obtenu avec le ministère des Affaires Etrangères l’accord de siège. Il reste donc à le signer. Pour le moment, nous attendons la nomination du Secrétaire exécutif pour que cet accord de siège soit signé. Le handicap aujourd’hui, c’est le fait que c’est la Côte d’Ivoire qui assure la présidence de cette organisation. Et selon les normes internationales, deux ministres du même pays ne peuvent pas signer un accord de siège.  Le président étant Ivoirien ne peut pas signer avec le ministre des Affaires Etrangères de Côte d‘Ivoire l’accord de siège. 

Quel bilan faites-vous des Journées nationales des exportateurs de Cajou qui se sont déroulées en février 2018 ?

C’est une excellente initiative parce que nous sommes le premier pays producteur. Mieux, nous sommes le pays qui approvisionne l’ensemble de l’industrie mondiale à hauteur d’un tiers de ses besoins. La production mondiale de noix de cajoupour cette année est estimée à 3 250 000 tonnes. Les besoins sont de l’ordre de 2 600 000 tonnes. Si vous prenez cette production mondiale comparée à celle de la Côte d‘Ivoire qui produit 800 000 tonnes, c’est plus du tiers des noix qui circulent dans le monde. Et comme pour le moment, nous ne transformons pas grand’ chose, tout ça se retrouve dans les circuits commerciaux. Nous représentons donc plus d’un tiers des noix qui circulent dans le monde. Sur cette base, il est tout à fait normal que ceux qui font l’export de ce produit, et approvisionnent les marchés à hauteur de 35 %, puissent organiser ce type de forum. Au cours duquel, ils rencontrent leurs partenaires.

Vous avez des partenaires vietnamiens et indiens qui achètent des noix via la plateforme de Singapour, mais qui ne savent même pas où se situe la Côte d’Ivoire. Ces journées permettent à ces personnes de se déplacer, de venir en Côte d’Ivoire physiquement et de voir les exportateurs. Dans une relation de B to B, de stabiliser des contrats qui permettent de fluidifier les rapports et conséquemment les exportations. Vous savez qu’il y a beaucoup d’intermédiaires. Quand vous prenez une noix qui vient de Torgokaha, avant qu’elle n’arrive au Vietnam pour être transformée, elle passe par le pisteur, l’acheteur, l’exportateur et après, vous avez tous les traders qui sont basés à Singapour ou à Macao. Des traders qui, eux-mêmes, ne savent pas de quel côté se trouve géographiquement  la Côte d’Ivoire. Tout ce qu’ils savent faire, c’est d’aller sur des sites internet et d’entrer en contact avec des personnes et passer des contrats. Pour nous, ces journées permettent de rapprocher les partenaires commerciaux et  de faire connaitre la Côte d’Ivoire davantage dans le monde et surtout dans les pays asiatiques. Vous savez, la Côte d‘Ivoire était très peu connue en Asie. Grâce à la noix de cajou, aujourd’hui, la Côte d’Ivoire brille dans les pays comme l’Inde, le Vietnam, Singapour et Macao. La noix de cajou a été d’une contribution extraordinaire pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire dans ces pays.

Dans le même esprit de la commercialisation de la noix de cajou, quel est aujourd’hui l’état des lieux de la lutte contre la fuite de ce produit vers les pays voisins de la Côte d’Ivoire ?

Nous avons freiné de façon très sensible la fuite de nos produits vers les pays limitrophes. Il est vrai que nous communiquons sur les tentatives de fuite de produits parce que tout kilogramme de noix de cajou qui sort est une perte de recettes pour l’économie ivoirienne. Cela nous incombe de faire de telle sorte que toutes les recettes rentrent dans les caisses de l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, nous avons mené une lutte farouche cette année en impliquant l’état-major des armées. C’est une première. L’état-major a mis en place un dispositif qu’il a appelé « Opération Cajou Protégée ». Elle a été une opération professionnelle menée par l’état-major avec tous les détails en positionnant des forces conjointes militaires gendarmes, policiers, douaniers et Eaux et forêts sur un certain nombre de postes que nous avons identifiéssur les frontières Est et Nord du pays. Cette opération a permis de freiner très sensiblement la fuite de la noix de  cajou.

Pour preuve, pour la première fois, une usine de transformation installée au Ghana a importé de façon officielle des noix de cajou via notre système de commercialisation. Cette usine a passé un contrat avec un exportateur et importé des noix de façon régulièrement. S’ils avaient eu des noix par le trafic, ils n’auraient pas eu besoin de faire cette opération. Il est vrai que la lutte contre la fuite a fait beaucoup de bruits, mais nous avons pu saisir 33 camions de noix de cajou avec des volumes différents. Souvent, c’est parfois des camions d’une tonne, de dix et même de 38 tonnes qui ont été saisis. Cette année n’a pas été facile pour les trafiquants. Je profite de cette opportunité pour remercier le Chef d’état-major des Armées ainsi que tous ses collaborateurs qui ont fait un travail formidable dans l’intérêt supérieur de la nation. 

« Nous avons été instruits par le président de la République et le Premier ministre de réussir la transformation »

Pour de l’édition 2018 du SIETTA, Salon international des équipements et des technologies de la transformation de l’anacarde, qui aura lieu du 8 au 10 novembre prochain, au Palais de la Culture, qu’est-ce qui explique le choix du thème : «  Transformation de l‘anacarde une mine d’opportunité pour l’autonomisation de la jeunesse ivoirienne » ?

Nous avons choisi ce thème parce que, comme moi, vous êtes peinés par toutes les images qui sont projetées sur nos écrans tous les jours montrant des jeunes qui tentent de franchir des barrières naturelles. Ils laissent leur vie dans la Méditerranée qui est devenue un cimetière à ciel ouvert. Nous voulons attirer l’attention de la jeunesse sur les nombreuses opportunités qu’offre la filière cajou. On peut partir de la plantation. C’est une spéculation qui n’est pas exigeante. Vous pouvez planter un, deux ou trois hectares, vous n’avez pas besoin de fournir trop d’efforts pour l’entretien. Dans le jeune âge, vous pouvez associer les plants avec des cultures vivrières.

Cela facilite encore l’entretien. Ensuite, quand la plantation commence à produire, il suffit de récolter. Vous récoltez et vous commercialisez. Ça c’est pour la production. Dans la transformation, vous avez autour d’Abidjan, la zone industrielle de Yopougon. Vous pouvez aller visiter une unité de transformation. Pour 5000 tonnes de capacité, vous avez 650 emplois. Si nous avons 10 unités de transformation de 5000 tonnes autour d’Abidjan, cela vous fait 6500 emplois. J’ajoute que dans les 6500 emplois, 80% sont des femmes. Ce sont des jeunes femmes qui n’ont pas besoin d’une formation universitaire et même technique. Il suffit que vous ayez de la dextérité dans vos doigts ; c’est de cela qu’on a besoin. Il faut montrer l’ensemble de ses atouts pour démontrer à la jeunesse qu’il y a beaucoup à faire ici. Il appartient à nous qui avons la charge de développer ces filières d’aller résolument vers la transformation qui est source de valeur ajoutée, de création d’emplois et de recettes fiscales pour l’Etat de Côte d’Ivoire. La transformation demeure  le défi dans les deux filières coton et anacarde. Nous avons été instruits par le président de la République et le Premier ministre d’y aller résolument avec détermination et réussir la transformation. Le gouvernement ne nous laissant pas d’alternative, nous devons réussir cette transformation. Parce qu’il y a un certain nombre d’outils et de dispositions pratiques que le gouvernement a pris pour faciliter, amplifier et accélérer la transformation.

Pouvez-vous citer quelques-unes ?

La première mesure, c’est la prime à la transformation. Le gouvernement décide de donner 400 F Cfa pour chaque kilogramme d’amande qui sort de votre unité de transformation. C’est une subvention que le gouvernement vous donne gratuitement. Nous avons été instruits par le gouvernement de donner cette prime sur les recettes de la filière. Sur la période 2016-2017, nous avons dépensé plus de 4,5 milliards F Cfa  dans la distribution des primes. Nous sommes en train d’amplifier cela en 2018.  La deuxième mesure est l’accompagnement des transformateurs dans la recherche de financement. Le financement est une grosse difficulté pour les transformateurs parce que les banques ne sont pas fluides dans leur relation d’accompagnement des transformateurs lors de leur campagne d’achat. Non seulement nous accompagnons les transformateurs dans les négociations avec leur banque, mais nous rassurons les banques que chaque fois qu’elles donnent une ligne de crédit, nous Conseil Coton-Anacarde, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, mettons un déposite qui représente une garantie pour la banque, de 25% du montant de la ligne de crédit. Si, en tant que transformateur, une banque vous prête 4 milliards F Cfa de ligne de crédit, nous faisons déposer 1 milliard F Cfa pour vous rassurer le banquier. C’est la seule filière où on a ce genre de mesure. L’autre mesure, c’est la possibilité pour les transformateurs de sortir des amandes, de les exporter sans des droits de sortie.

Le gouvernement renonce aux droits de sortie. Une autre mesure, c’est le fait qu’en tant que transformateur, vous pouvez acheter bord champ. Ce qui est interdit aux exportateurs. Le système de commercialisation va donc du producteur à l’acheteur et à l’exportateur. Mais si vous êtes transformateurs, vous pouvez aller directement au bord champ pour éliminer les intermédiaires entre vous et le producteur. Cela vous permet d’avoir la matière première à moindre coût et au prix bord champ. Cette autre mesure qui contribue à accélérer la transformation, c’est le SIETTA qui est un salon spécialisé. Au cours de ce salon, les équipementiers viennent avec des équipements grandeur nature. Qu’ils font fonctionner lors des expositions. Cela permet aux investisseurs d’accéder aux dernières technologies ici à Abidjan au lieu de se déplacer dans les pays producteurs de ces équipements qui sont principalement le Vietnam et l’Inde. Vous savez, un voyage sur le Vietnam engendre non seulement un coût  mais la langue est une barrière. Lorsque vous allez trouver les personnes sur place dans leur pays, vous ne vous rendez pas compte des pièges posées. Mais quand ces personnes se déplacent à Abidjan, vous êtes en position de force pour négocier les contrats et nouer des partenariats. Ce ne sont pas qu’eux qui viendront au SIETTA. Vous avez les banques qui s’habituent à ce milieu, les firmes phyto-sanitaires, les traders et bien d’autres qui sont intéressés par l’économie de la noix de cajou.

L’avant dernière mesure, c’est le Centre ivoirien de technologie de l’anacarde (CITA) que nous sommes en train de créer à Yamoussoukro et qui va ouvrir cette année. C’est un maillon supplémentaire qui vient compléter tout ce qu’on a mis en place pour accélérer la transformation. Ce centre sera non seulement un centre de technologie mais une espèce d’incubateur d’entrepreneurs qui veulent investir le secteur de la transformation. Il est important, lorsque vous voulez réussir dans la transformation,  que vous ayez les rudiments. Il faut que vous sachiez comment les machines marchent, comment acheter la matière première, comment emballer une fois le produit transformé, etc. Toutes ces techniques seront dispensées à partir du CITA. C’est une innovation. Enfin, grâce au financement de 200 millions de dollars la Banque mondiale, nous allons créer des zones industrielles dédiées. Ces zones industrielles seront localisées pour le moment à Bouaké, à Bondoukou, à Korhogo et à Séguéla. Il s’agit de zones industrielles totalement aménagées et viabilisées avec eau, électricité, voirie et téléphone. Cela vous évite d’aller négocier des terrains. Ce qui est un casse-tête pour certains investisseurs. C’est au regard de tous ces avantages que nous disons que le gouvernement ne nous laisse pas d’alternative quant aux succès de la politique de transformation de la noix de cajou.

Votre ambition, vous l’aviez dit dans une interview, c’est d’arriver à 30%  de la transformation de la noix de cajou d’ici à 2020. A quel niveau sommes-nous actuellement ?

Nous sommes à 6% aujourd’hui.

Et en deux ans, on est sûr de pouvoir atteindre les 30% ?

Nous sommes sûrs et certains grâce à toutes les mesures que je viens d’énumérer que le minimum sera 30%. Sinon, notre ambition est d’atteindre les 50%. Nous en sommes sûrs et certains d’y arriver d’ici à 2020. Je vous donne rendez-vous au 31 décembre 2020 pour faire le bilan.

Combien de visiteurs nationaux et étrangers attendez-vous à la 3è édition du SIETTA ?

Si vous faites le bilan du SIETTA 2014, nous avions enregistré 4500 participants avec 31 stands et 11 exposants. 4 avaient exposé des machines. Les autres animaient des stands multimédia. En 2016, nous sommes arrivés à 12 000 participants avec 29 exposants avec 18 qui ont exposé des machines. Il y avait 11 internationaux et le reste constitué de nationaux. Nous sommes dans cette dynamique. Nous espérons qu’elle va se maintenir et s’amplifier en 2018. Et avoir davantage de participants et d’entrées. A cette 3 édition, nous allons confirmer la maturité de ce salon, qui même s’il est spécialisé, reste un salon ouvert au public.

« Je souhaite que tous ceux qui sont dans ces filières … songent à s’impliquer dans la transformation » 

Que dire aux acteurs des filières coton et anacarde pour ce qui est de l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement ?

Nous voulons saluer et remercier l’ensemble des acteurs des filières coton et anacarde, qui sont dans une osmose avec l’organe de régulation que nous sommes. Nous nous réjouissons des bonnes relations que nous entretenons avec l’ensemble des familles de la filière cajou et de la filière coton. C’est un atout pour la filière que nous soyons convergents et qu’il y ait suffisamment de sérénité pour avancer. Je veux dire à ceux qui interviennent de façon intempestive et qui n’ont rien à avoir avec la filière qu’ils ont d’autres terrains pour exercer leur talent. Il y a le terrain politique où tout le monde peut aller. Mais lorsque vous voulez parler des filières importantes comme le coton et l’anacarde, qui permettent à des familles de vivre, je souhaite que ce soit les professionnels de la filière qui parlent et disent des choses qui vont dans le sens de la filière. Et non de gêner de façon intempestive le déroulement des activités de ces filières. Enfin, je souhaite que tous ceux qui sont dans ces filières et qui ont les moyens d’investir, songent à s’impliquer dans la transformation. Nous avons beaucoup parlé de la transformation de la noix de cajou, mais il y a la transformation de la fibre de coton. Il n’y a pas d’unités de filature en Côte d‘Ivoire à part ETG qui se débrouille tant bien que mal. Nous avons des unités d’impression comme Uniwax qui est très performant. Mais ça ne suffit pas parce que ces unités sont obligées d’aller acheter les tissus à l’extérieur. C’est extrêmement dommage pour notre économie. Nous savons que le textile est plus généreux en termes de création d’emplois et de richesses que la transformation de la noix de cajou. Si nous combinons la création d’unités de textiles avec la création d’unités de transformation de la noix de cajou, je reste convaincu que ces deux filières auront une contribution forte à l’économie nationale en termes de valeur ajoutée et de créations d’emplois, de recettes pour l’Etat pour le développement de la Côte d’Ivoire. En tout état de cause, nous souhaitons que chacun de nous travaille dans ce qui permet d’enrichir notre pays. De sorte que nous  ne soyons plus en train de créer des emplois et de la valeur ajoutée chez les autres. Mais que tout ça se passe chez nous pour le plus grand bonheur des Ivoiriens.

Deux grands rendez-vous des filières coton et anacarde attendent la Côte d’Ivoire. Que faites-vous pour que le SIETTA 2018 et la 77è plénière du Conseil consultatif international du coton soient un succès pour la Côte d’Ivoire.

Merci de rappeler à nouveau que l’année 2018 est vraiment celle des filières coton et anacarde. Nous avons demandé au Premier ministre de décréter l’année 2018 à cet effet. Nous sommes fondés à le faire. Nous avons le SIETTA pour la filière cajou et la 77è plénière pour la filière coton. Nous allons mettre notre expertise en œuvre en termes d’organisation. Vous savez, la Côte d’Ivoire est habituée à organiser de grands évènements. Souvenez-vous des Jeux de la Francophonie et du Sommet UA/UE. Nous sommes dans cette dynamique. Nous sommes à pied d’œuvre avec des comités d’organisation pour chaque évènement. Ces comités sont au travail de façon à faire de ces évènements un succès parce que nous voulons que tous ceux qui mettent les pieds en Côte d’Ivoire aient l’envie de revenir.

 

Réalisée par Ouattara Abdoul Karim et Isaac Kroman

Ph. Cyrille B.

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