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Interview-Football: Serge Aurier : «Je ne serai jamais prisonnier de cette…»

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…Vie là

Son entretien fleuve est à retrouver dans le numéro de France Football actuellement disponible. En bonus, jusqu’à la fin de la semaine, FF.fr vous propose des extraits exclusifs de notre interview avec Serge Aurier. Premier épisode avec, toujours, les conséquences de son fameux Périscope, mais aussi les enjeux autour d’un Parisien qui évolue au PSG.

Sur Périscope qui pourrait le suivre pendant très longtemps
«Je ne serai jamais prisonnier de cette vie-là. Je pardonne vite. Je suis croyant. J’ai le pardon facile. Dans ma religion, il faut pardonner, il faut aimer son prochain quelque soient les difficultés de la vie, il ne faut pas lâcher. Donc, pour moi, le pardon fait partie de la vie.»
«C’était un truc de fou»
Un exemple de l’impact de Périscope

«Juste avant de réintégrer le groupe (NDLR : Du PSG, après avoir été écarté quelques semaines), je vais en sélection en Côte d’Ivoire. Je suis dans un ascenseur, je croise une dame qui me demande ce que je fais dans la vie. Je lui dis que je suis là avec l’équipe nationale. Elle me dit “Vous êtes qui ?” Je lui dis mon nom. Elle ne connaît pas le foot. Elle bloque : “Mais ce n’est pas vous qu’on a vu à la télé il n’y a pas longtemps ? Un joueur du PSG, votre nom me dit quelque chose.” J’ai compris que sans ça, elle ne m’aurait jamais reconnu. C’est pour dire que c’était un truc de fou.»
Lire : Aurier : «Moi-même je suis guez, parfois»
«Quand il fallait taper sur quelqu’un pour vendre, on savait très bien où aller»

Six mois après Périscope

«Quand il fallait taper sur quelqu’un pour vendre, on savait très bien où aller. Et ce malgré le changement d’entraîneur. Les gens pensaient que je n’allais pas jouer avec (Unai) Emery (NDLR : Qui avait succédé à Laurent Blanc). Quand il est arrivé, il était un peu distant, il ne voulait rien savoir. J’ai une force que très peu de gens ont dans la tête. Tant que je ne suis pas par terre, je continue de travailler. Quelques mois après son arrivée, il me convoque dans son bureau avec Zoumana Camara et il dit “Serge est mon meilleur défenseur, je ne peux pas (me passer de lui).” J’étais prêt. C’était une nouvelle saison. Je savais que j’en avais bavé, que j’avais souffert. Là, cette année, je devais tout casser. J’avais joué tous les matches jusqu’à la CAN (2017).

«Meunier, la meilleure concurrence qu’il a pu avoir à Paris, c’était avec moi»
«Quand je reviens, je sais à quoi m’attendre. Je n’ai rien contre Thomas (Meunier). Il sait que la meilleure concurrence qu’il a pu avoir à Paris, c’était avec moi. C’était transparent, sain. Quand il est arrivé, on s’aidait mutuellement, j’ai compris la mentalité du mec et ça me plaisait. Quand il jouait, je lui donnais toute ma force. Il n’y a jamais eu de coups bizarres. Mais j’étais barré. J’essayais de laver mon image, mais on voulait que je parte tout de suite. Et ça c’était impossible car le président ne voulait pas, alors qu’à la base, c’était mon souhait. Quand j’ai constaté que la direction ne voulait pas, j’ai voulu me mettre dans un autre mode, me remettre dans la compétition, me dire que j’allais faire une grosse saison.» «Je ne suis pas un mec des réseaux sociaux»

Le contrôle, ou non, qu’il a dû avoir sur ses faits et gestes, notamment sur les réseaux sociaux

«Ce n’était pas dur, parce qu’à la base, je ne suis pas un mec des réseaux sociaux. Les gens pensent que je prends de la distance par rapport à ça. Mais non, je suis normal. Avant je n’utilisais pas les réseaux sociaux, rien n’a changé ! Les gens me demandent si je fais attention maintenant. Mais attention à quoi ? Je ne poste rien ! Aujourd’hui, tu te sers de ça pour ton image, pour le sponsoring, mais sinon, non, je ne suis pas réseaux sociaux. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont pris une dimension incroyable. Tout le monde peut aller se permettre d’aller mettre un commentaire sur ta photo. Tu ne peux rien faire.»

Sur les mots insolent, arrogant, immature, inconscient qui lui ont été accolés à l’époque de Périscope

«Immature ? Oui, j’ai fait preuve d’immaturité. Et je n’ai pas fini d’être mature car j’apprends tous les jours. Mais insolent et arrogant, ça ne fait pas partie de moi. Insolent en quoi ? Arrogant en quoi ? Je n’ai jamais manqué de respect à quelqu’un sur un terrain, jamais fait une interview où j’insulte quelqu’un. Ce sont des mots forts qui me dérangent. Ce n’est pas dans ma nature.»
«Les joueurs français du PSG ne sont pas assez protégés»

Sur sa vie à Paris pendant qu’il était joueur du PSG. Une vie peut-être pas toujours tournée à 100% sur le sportif

«Mais c’est moi qui décidais ! Quand j’allais voir des gens qui ont beaucoup fait pour moi quand j’étais jeune. J’ai donné un coup de main à Villepinte parce que le club allait couler. À Sevran, je suis aussi allé voir les jeunes. Je pensais qu’il fallait le faire. C’était ma manière de remercier les gens qui m’ont attiré dans le football. Quand je disais que c’est dangereux d’être Parisien pour jouer à Paris, ce ne sont pas que les amis, c’est dans tout. C’est un petit peu de laisser aller. Tu es dans un confort. Tu es à la maison. Dans tes fréquentations, si tu décides d’être sélectif, tu vas prendre que les gens bien, ils vont toujours te dire des choses que tu as envie d’entendre. C’est facile de se faire une bonne petite équipe pour, en sortant d’un match, me dire que j’ai été bon alors que je ne l’ai pas été. Tu ne vas jamais progresser. Là, on me dit que j’ai été nul. Tu sais que c’est la vérité.»

 

Être un Français au PSG

«En fait, le problème avec la France et le public parisien, c’est qu’ils ne soutiennent pas assez les Français qui jouent au PSG. Quand un joueur sort du centre de formation, les gens sont plus sévères avec les gens de la ville, du pays, qu’avec les étrangers. Pourquoi ? Parce que les étrangers ne lisent pas, ils s’en foutent de ce que les médias vont écrire. Mais, nous, les vrais Parisiens, bien sûr qu’on s’en soucie parce qu’on joue dans le club de nos rêves. Donc on est obligés d’être à 100%. Parfois, on écoute trop ce qu’il se dit à l’extérieur. On n’est pas assez focus sur l’objectif pour lequel on est là. Les joueurs français du PSG, qui sortent de banlieue, ne sont pas assez protégés. À Paris, grand club, grands joueurs, tu vois des trucs que tu n’as jamais vu. Soit tu as peur et tu fuis. Soit tu t’adaptes et tu réussis.»

 

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