Accueil CULTURE Entretien/ Aimé Zébié (Promoteur culturel-Patron de l’espace zouglou L’Internat) : «Ce que je sais de la mort de Dezy Champion»

Entretien/ Aimé Zébié (Promoteur culturel-Patron de l’espace zouglou L’Internat) : «Ce que je sais de la mort de Dezy Champion»

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Décédé samedi 31 mars, à la veille de la fête de Pâques, et un an après son concert d’adieu au monde de la musique, les mélomanes continuent de pleurer Dezy Champion. L’Expression a donné la parole  au célèbre promoteur Aimé Zébié. Le patron de l’Internat, un espace zouglou situé dans la commune de Yopougon, revient sur les circonstances de la mort de l’artiste et livre ces dernières confidences.

 

On  sait que vous étiez très proche de Dezy Champion. Quel sentiment vous anime après l’annonce de son décès ?

Dezy Champion était un artiste qui était toujours présent lorsqu’on avait besoin de lui. Que ce soit dans des funérailles, dans des mariages etc. C’est quelqu’un qui a été toujours prêt pour toutes ces personnes. Tous ceux qui connaissaient l’artiste lui reconnaissent cette qualité.

C’est au sein de votre Espace qu’il s’est produit pour la dernière fois. Cela, depuis son concert de retrait en avril 2017 au palais de la culture de Treichville ?

C’est un programme que j’avais avec lui. J’ai effectivement abrité le dernier spectacle de Dezy Champion. Il nous avait dit qu’il ne jouait plus. J’étais donc étonné lorsqu’il m’a appelé pour m’annoncer qu’il voulait jouer. Lui, il voulait jouer pour la fête de Pâques. On a finalement décidé qu’il joue le 25 mars, le dimanche des rameaux. Il est venu le 18 mars. Pour tous ceux qui ont suivi la vidéo sur les réseaux sociaux, il avait été même taquiné par l’artiste Siro. Ce dernier rappelait à Dezy qu’il avait quitté la musique pour devenir pasteur. Dezy Champion avait répondu que le zouglou avait tapé à sa porte. Et qu’au delà de ses activités à l’église, il avait son métier qui était de chanter. Le dimanche 25 mars, il a chanté. C’était une façon peut-être pour lui de dire au revoir pour la dernière fois. Cela, parce que tout le monde me connaît à l’Internat (Son espace Zouglou situé à Yopougon.Ndlr). Lorsqu’un artiste chante et que le public commence à être fatigué, on essaie d’arrêter le chanteur. J’ai demandé à mes collaborateurs de voir si c’est le cas d’arrêter. Mais, Dezy Champion m’a répondu qu’il était venu pour chanter. Quelqu’un qui avait l’habitude de faire 11 chansons. Ce jour là (le 25 mars. Ndlr), il a fait plus de 16 chansons.

Est-ce qu’à partir de là, vous avez remarqué quelque chose d’anormal chez l’artiste ? Un coup de fatigue ? Une situation inhabituelle?    

Personne ne pouvait comprendre quelque chose. Cela, parce que Dezy Champion était en superbe forme. Donc, on ne peut pas comprendre quelque chose. C’est peut être maintenant qu’on peut revoir le film des choses. Je ne me rappelle même pas le dernier spectacle de Dezy. Il avait effectivement arrêté de chanter. Sinon Dezy Champion était un artiste vivant sur scène. Il a même composé une chanson pour dire pourquoi il était revenu sur scène. Le public de l’Internat a eu l’exclusivité d’écouter cette chanson. Hier, (1er Avril. Ndlr), nous avons réécouté  cette chanson qui a fait couler beaucoup de larmes à l’Internat. Comme lui-même a eu à dire, qu’on ne pleure pas à ses funérailles.  De penser plutôt à ses enfants. Nous allons essayer pour le mieux de respecter cette volonté de l’artiste.

Qu’est ce qui s’est passé à L’internat le 1er Avril pour commémorer cette disparition  de Dezy Champion ?

Nous avons essayé de respecter notre programmation de tous les dimanches. Simplement, avant de lancer, nous avons commencé à écouter les chansons de Dezy Champion. On a également fait écouter son dernier spectacle au public. Mais, on n’a pas voulu être véritablement très triste. Cela, parce qu’on célébrait la résurrection du Christ, le jour même. Nous allons maintenant nous retrouver au niveau de tous les Hommes de culture pour créer un Comité afin de suivre les choses.

Sur la question des dernières heures de l’artiste, avant sa mort, il y a beaucoup de choses qui se disent. La voiture de Dezy se serait embourbée dans du sable rendant impossible son évacuation ? Il serait resté sans soins pendant plus de 2 heures ? Vous qui êtes un des proches, que pouvez vous dire sur ce qui s’est réellement passé dans la nuit du 31 mars au 1er avril ?

Nous n’étions pas présents sur les lieux. On écoute les différents témoignages.  Je voudrais simplement dire ce que les parents de Dezy Champion nous ont rapporté. Ils n’ont pas parlé de médecin et autres. Il faut éviter de tomber dans la polémique. D’après ce qu’on nous avait dit, Dezy Champion partait à Bingerville. La voiture s’est embourbée. Et avec des jeunes, ils ont forcé pour faire sortir la voiture. Peut être que c’est l’action physique qui a réveillé sa crise. Il est vrai que nous étions proches. Mais, je ne sais pas s’il avait des antécédents de santé. Mais, c’est sûrement cet acte qui a réveillé la crise. Il a demandé à ce qu’on puisse mettre à disposition un ventilateur pour mieux respirer. Ce qu’une dame s’est proposée de faire. On connaît la suite. Est-ce que le médecin était présent ? Cette question est pour ceux qui étaient sur place. Nous, c’est le samedi que nous sommes allés dire ‘‘Yako’’ (Présenter des condoléances.Ndlr) aux parents pour nous assurer que la mauvaise nouvelle était vraie. Nous étions à notre Chemin de croix. On ne savait pas qu’à 2h du matin, on allait nous annoncer la mort de Dezy Champion. La version du commissaire est identique à celle des parents.

Quel genre d’hommage souhaitez-vous pour Dezy Champion ?

Le zouglou, c’est le partage et la solidarité. Tous les zouglou attendent la décision des parents de l’artiste. Car, Dezy Champion appartient à trois familles. Il y a sa famille biologique. Il y a la famille artistique dont les zouglou et tous les artistes en général. Et, il y a la famille chrétienne qu’il ne faut pas oublier. Car, l’artiste a construit une église pour l’œuvre de Dieu. C’est un pasteur. C’est donc à trois que nous allons discuter  pour lui rendre ce vibrant hommage.

Fofana Ali

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