Accueil CULTURE Enquête Express/ Lutte contre la piraterie des œuvres de l’esprit: Mission impossible pour la Brigade de Lutte

Enquête Express/ Lutte contre la piraterie des œuvres de l’esprit: Mission impossible pour la Brigade de Lutte

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Près d’un mois après la passation des charges à la Brigade culturelle de lutte contre la piraterie, c’est toujours  le calme plat dans les locaux de la police des artistes de Côte d’Ivoire….

Les  auteurs de piratage sur les œuvres des artistes ont encore de beaux jours devant eux. Près d’un mois après l’installation du nouveau Commissaire de la Brigade culturelle de lutte contre la piraterie, Oré Brice Constant Joël, qui est sensé apporter un nouveau souffle à cette bataille contre la fraude,  ce n’est toujours pas la grande mobilisation du côté de la police des artistes de Côte d’Ivoire. Le mercredi 30 mai, lors de notre passage à la Brigade, sis à Angré 7ème Tranche, la brigade présentait toujours  le même visage de tristesse et de détresse. Aucun membre du personnel n’était en place. Seule la femme du gardien des lieux déambulait dans la cour.

«Il n y a personne ici. Nous sommes les seuls ici, mon mari et moi. Le nouveau commissaire n’a pas encore pris fonction. Et, je ne sais pas quand est ce qu’il va venir. (…) Les personnes que vous venez de voir partir sont venus déposer des fauteuils de bureaux», nous lance-t-elle d’entrée. Ces personnes sont-elles du ministère de la Culture et de la Francophonie ? Ou du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) ? Notre interlocutrice ne nous en dira pas davantage. Une chose est certaine. Il semble que les mandants du Commissaire Oré Brice Constant Joël se pressent pour permettre à la Brigade  de reprendre ses opérations sur le terrain.

Mais cette dotation est une goutte d’eau dans la mer. On est bien loin du compte. Car pour éviter que le nouveau commandement de la Brigade ne connaisse le même échec que celui de son prédécesseur, il faut déployer de grands moyens afin d’équiper en matériels roulants et surtout en hommes la Brigade. «Cette Brigade culturelle de lutte contre la piraterie manque de tout. Lorsque, j’étais en fonction, je n’avais en tout et pour tout que 2 personnes sous mon autorité pour lutter contre les pirates. Il s’agit de ma secrétaire et du gardien. La Brigade ne dispose pas d’éléments pour mener à bien sa mission. Pour mener des actions sur le terrain, il fallait adresser un courrier à la préfecture de police avant de mener une quelconque action contre les fraudeurs. Si le nouveau commissaire n’a pas d’éléments, sa tâche sera plus compliquée sur le terrain», avait déjà mis en garde le Commissaire sortant,  Diarrassouba. L’officier de la police avait justifié cette prise de position par un seul exemple. Celui de la Brigade de lutte contre la salubrité qui disposition de plus de 100 éléments. Très loin des 3 agents de la Brigade culturelle de lutte contre la piraterie. Dans ces conditions que peut le nouveau patron de la Brigade contre les pirates ?

Le Commissaire de Police de 1er Classe Oré Brice Constant Joël. Le flic en chef arrive fraîchement de l’est du pays. Il était en effet le Chef de Service du Commissariat de Police de Tanda. C’est un homme qui à une certaine connaissance du milieu qui arrive à la tête de la Brigade. Il a été Commandant d’Unité à la Préfecture de Police d’Abidjan. Il a mené plusieurs actions sur le terrain avec le Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida). La Brigade n’a pas d’éléments. Et chaque fois, avant de descendre sur le terrain les artistes sollicitent la police pour la sécurisation de leurs opérations  sur le terrain contre les pirates.

3 personnes pour la Brigade culturelle contre 100 agents pour la Brigade de la salubrité

«J’étais très régulier au niveau de cette activité. Je fournissais par moment des éléments de la police au Burida.Il arrivait même que moi-même je sois sur le terrain pour conduire les opérations. Je connais donc un peu la maison et ses pratiques. (…) La tâche sera très difficile. On va toujours demander. Nous allons demander davantage de moyens  à nos responsables», a-t-il rassuré. D’ores et déjà, le nouveau patron demande l’indulgence des artistes. En clair, il plaide pour un  temps de grâce avant d’être juger par les sociétaires du Burida. Sera-t-il entendu ? Ce n’est certain que sa prière soit entendue. Le président de la Commission anti-pirate du Burida Kouya Gnépa dit Gbi de Fer met déjà la pression sur le nouveau patron. «Nous serons là pour vous soutenir. Mais, si nous voyons qu’il y a des défaillances, nous allons agir. Nous allons nous faire entendre», a-t-il menacé. Sa Commission, fort d’un budget de 30 millions de F cfa (Une somme qui ferait pâlir de jalousie le Commissaire Oré Brice Constant Joël), avait récemment mené de nombreuses actions sur le terrain contre les pirates.

Elle a procédé à de nombreuses saisies de Cd contrefaits, d’appareils, de graveurs de supports phonographiques qui sont aujourd’hui entreposés dans le garage de la brigade. En attendant la mise à disposition des moyens, la Brigade broie toujours du noir…pour le grand bonheur des auteurs de piratage sur les œuvres des artistes.

Fofana Ali

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