Accueil POLITIQUE Dialogue politique:  Pourquoi Bédié doit sacrifier Guillaume Soro

Dialogue politique:  Pourquoi Bédié doit sacrifier Guillaume Soro

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Le Rassemblement des Houphouёtistes pour la paix et la démocratie (Rhdp) n’a pas seulement réussi son pari du « 1 coup K.O » dans les urnes. Le parti du Président Alassane Ouattara a également assommé l’opposition et son stratège en chef, l’ancien rebelle Guillaume Soro.

A peine quelques heures et tout est fini. Le Plan commun de l’opposition autour de son fameux Conseil national de transition (Cnt) n’aura tenu que le temps de la proclamation des résultats du scrutin du 31 octobre dernier.

Et pour bien comprendre la faillite de l’opposition ivoirienne, il faut réélire la dernière déclaration conjointe du Pdci-Rda de Henri Konan Bédié et du Fpi de Laurent Gbagbo, relative au dialogue politique. Les deux ex-chefs d’Etat ont décidé de reprendre la main dans le jeu politique. Fin de parcours donc pour les nouveaux opposants Albert Mabri Toikeusse de l’Udpci et Marcel Amon Tanoh.

Le premier, Mabri Toikeusse, dit désormais placer toute sa «confiance» au président du Pdci-Rda. Son avenir politique dépend totalement aujourd’hui du Bouddha de Daoukro.

Le second, Marcel Amon Tanoh, est retranché dans sa bulle, à la recherche d’une nouvelle stratégie pour mériter une place à la table des discussions. Bédié et Gbagbo de retour dans le jeu, les anciens opposants Affi N’Guessan et Mamadou Koulibaly ont des soucis à se faire. Du côté du président du Front populaire ivoirien, c’est déjà la débandade. Il est surréaliste d’écouter les dernières sorties de son communicant, Jean Bonin, qui accuse les Gbagbo ou Rien (Gor) de vouloir récupérer le Fpi.

Enfin, Bédié et Gbagbo de retour dans la course, que faire de l’ex-rebelle Guillaume Soro ?

Le dialogue ne faisant pas bon ménage avec un abonné aux armes et des coups de force, le chef de file de l’opposition, Henri Konan Bédié, peut-il encore garder à ses côtés, pour la suite des discussions, Guillaume Soro ?

Doit-on permettre que celui qui croit dur comme fer que «notre pays est désormais placé dans un contexte de vacance du pouvoir présidentiel» soit autour de la table et en première ligne des futures discussions ?

Guillaume Soro n’a cessé de répéter qu’il a tout le monde. Qu’il maîtrise l’armée. Qu’il connait le mode de fonctionnement du régime d’Abidjan. Au finish, plus de bruits que d’actes tirés d’une stratégie dite cohérente. Durant des mois, le patron de Gps a vendu du vent à Henri Konan Bédié, Affi N’Guessan, Mamadou Koulibaly, Mabri Toikeusse, Marcel Amon Tanoh et consorts. Aucun membre, ni Bédié, ni Affi, n’a pu tenir tête à Guillaume Soro. 

Mabri, Amon-Tanoh, Affi et Soro : un avenir politique assombri…

Le drame que vit aujourd’hui l’opposition ivoirienne est la conséquence de l’absence de lucidité et d’appréciation de la realpolitik. La première leçon à tirer de toute cette tragédie est immanquablement cette réalité que nous avons affaire à une opposition ridicule, dépassée, au-dessous de tout. Il n’y a pas un pour racheter l’autre. Ils ont tous cru à un homme. Guillaume Soro, qui promettait de semer le chaos en Côte d’Ivoire. Si avant la présidentielle du 31 octobre, on pouvait pardonner à Bédié de commettre des erreurs de diagnostic, après la confirmation des résultats par le Conseil constitutionnel, le président du Pdci doit prendre ses distances vis-à-vis de Guillaume Soro. Pourquoi un tel lâchage ? Tout simplement, parce que l’opposition n’a plus le choix. Il faut donner une chance au dialogue et à la paix. Et cela ne peut se faire avec un Guillaume Soro «enivré par l’argent et le pouvoir». Un « jeune homme» qui a «perdu la tête». Comme le disait l’autre.  

Fofana Ali

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