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Déclaration du club Union Africaine sur le dialogue politique

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Le Club Union africaine Côte d’Ivoire, organisation dotée du statut d’observateur auprès de la Commission des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine, membre de l’Assemblée générale de l’ECOSSOCC de l’Union africaine et acteur du processus démocratique en Côte d’ivoire depuis 1999 , date de sa création , suit avec beaucoup d’intérêt le développement de la situation politique et des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Tout en se félicitant de certaines avancées observées dans le processus politique en Côte d’Ivoire et tenant compte des leçons tirées des élections précédentes, le Club Union africaine tient à rappeler à l’opinion publique nationale et internationale, quela Côte d’ivoire , fragilisée par deux décennies  de crise socio politique, entamera en 2019 , un processus devant aboutir à l’organisation d’élections justes , libres et transparentes , seuls gages pour la paix et le développement durable de la Côte d’Ivoire en octobre 2020 .

Les récentes élections municipales et la violence et les contestations observées interpellent la société civile ivoirienne et l’opinion publique sur les dangers et risques encourus  par la Côte d’Ivoire si l’élection présidentielle de 2020 n’est pas organisée par une institution crédible, consensuelle et accompagnée par une observation électorale efficace et professionnelle.

A ce stade de l’histoire de la Côte d’Ivoire, les défis se présentent donc en terme de réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) , de reprise du dialogue politique et de l’apaisement du climat social et politique afin d’extirper tout germe de violence des débats politiques qui devront de plus en plus rassurer les populations .

1/ De la saisine de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

Suite à la mobilisation de la société civile ivoirienne qui, à travers des plaidoyers, depuis plus d’une décennie réclame la reforme de la Commission Electorale indépendante et   à la saisine par l’Action pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (APDH) de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), celle-ci a rendu  son verdict recommandant à l’Etat de Côte d’Ivoire de reformer la Commission Electorale Indépendante (CEI) afin de lui permettre d’être une institution capable d’organiser des élections justes libres et transparentes .

2/ Du discours à la nation du Président de la République le6 Aout 2018

Le 06 Août 2018 , à la veille de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire,  le Président de la République a affirmé que la composition de la Commission Electorale Indépendante(CEI)relève d’unconsensus. Il a alors,conformément aux recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) , instruit le gouvernement de réexaminer la composition de ladite commission incluant toutes les parties représentatives ivoiriennes

3/ Du rapport des chefs de mission de l’Union Européenne (UE) d’Avril 2018

Pour manifester la tenue d’un dialogue politique dans la perspective des échéances électorales 2020 et dans la mise en œuvre d’une bonne gouvernance et d’une orientation économique et sociale, la mission de l’Union africaine a également recommandé la révision de la composition de la CEI.

Au regard de ce qui précède, le Club Union Africaine Côte d’Ivoire (CUA-CI)apprécie à sa juste valeur lesannonces du chef de l’Etat qui se sont manifestées par la libération des huit cent (800) détenus en lien avec la crise post électorale de 2010 et 2011.

Toutefois, le Club Union Africaine fait remarquer que le processus de réconciliation nationale qui inclue la justice transitionnelle,estsensé protéger les droits des victimes et reste malheureusement inachevé.

Il est donc nécessaire de travailler à éviter que des poches de cristallisation et d’exacerbation de crises et de d’injustice ne viennent entacher la stabilité et la cohésion sociale. C’est pourquoi le CUA-CI fait les recommandations suivantes :

RECOMMANDATIONS

–          la tenue sans délai d’un dialogue politique incluant toutes les parties ivoiriennes (gouvernement, partis politiques et membres de la société civiles);

Au cours de ce dialogue politique, la question de la Commission Electorale Indépendante (CEI) devra être sérieusement débattue pour obtenir une institution électorale indépendante, autonome et représentative ;

–          Le découpage électoral considéré comme étant déséquilibré par certains partis politiques devra être revisité ;

–          Dans le cas spécifique de la réconciliation nationale qui demeure inachevée laissant les victimes sans suite à leurs requêtes, un processus de justice transitionnelle devra être institué en vue d’une réforme ;

–          Concernant l’ordonnance d’amnistie en date du 06 aout 2018  qui a permis la libération des 800 détenus de la crise post électorale de 2010 et 2011,leClub Union Africaine (CUA-CI) recommande qu’une loi d’amnistie devra être votée à l’effet de donner à cette ordonnance toute sa valeur juridique.

Fait à Abidjan le 20 Décembre 2018

 

Pour le Club Union Africaine Côte d’Ivoire

Le Conseil d’Administration

  PO/Le Directeur exécutif

 

 

 

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