Accueil POLITIQUE Decès du SG de l’Onu/Essy Amara (Ex-ministre des Affaires étrangères) : « La vie de Kofi Anan n’a pas été facile »

Decès du SG de l’Onu/Essy Amara (Ex-ministre des Affaires étrangères) : « La vie de Kofi Anan n’a pas été facile »

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Condisciple et très proche collaborateur de Kofi Anan, l’ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères, Essy Amara, revient sur le parcours de l’ex-Secrétaire général de l’Onu.

Comment avez-vous réssenti la disparition de Kofi Annan, l’ex secrétaire général de l’Onu ?

J’ai ressenti avec une grande tristesse la disparition de Kofi Annan parce que c’était un pan de ma vie qui venait de s’écrouler. Je n’étais pas préparé à une telle nouvelle. Il y a un mois de cela, il devait aller au Zimbabwe et m’avait appelé pour me demander si j’avais des nouvelles d’un vieil ami commun qui travaillait à la CNUCED qui s’appelait Bernard Chidzero. Il voulait le rencontrer à son arrivée pour avoir des nouvelles plus crédibles de la situation du pays. Malheureusement ce dernier était décédé depuis déjà deux ans après avoir été Ministre de Mugabe.

J’avais rencontré Kofi Annan à l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève. Il était en 2ème année lorsque j’intégrais cet institut en 1ère année avec Arba Diallo qui fut plus tard Représentant Spécial du Secrétaire Général pour la Conférence sur l’environnement et le développement, puis Secrétaire exécutif de la Convention pour le ombat contre la désertification, puis ministre des Affaires étrangères de Thomas Sankara. Kofi Annan resta à Genève, travailla à l’OMS puis au HCR. Comme toutes les grandes réunions des institutions de Genève se tenaient au Palais des Nations, nous nous retrouvions presque tous les jours à 13 heures au restaurant des Nations pour déjeuner avec de nombreux Africains travaillant dans la multitude des institutions internationales ayant leur siège à Genève tels que Albert Tevoedjré au BIT, Kenneth Dazie au GATT, Bernard Chidzero à la CNUCED, Dr Lambo à l’OMS etc…

Les relations entre Kofi Anan et Essy Amara ont dépassé le cadre du travail pour se muer en liens fraternels.

 

Vous l’avez cotoyé à l’école, à l’Onu et jusque dans sa vie familiale, qui était l’homme ?

La vie de Kofi Annan n’a pas été facile au début car membre actif, l’un des leaders de la jeunesse Nkrumah, il avait dû quitter son pays après le putsch contre son mentor. La chute de Nkrumah l’avait beaucoup traumatisé et il en parlait avec tristesse se demandant comment un personnage de la dimension d’un Nkrumah pouvait être chassé par des soldats sans éducation, sans vision pour gérer un Etat ?

En 1981, je fus nommé Représentant permanent de la Côte d’Ivoire à New York. Je l’avais appelé deux jours après mon arrivée et il fut ravi de ma nomination. Il m’invita aussitôt à déjeuner dans un restaurant chinois le « Hunam » situé à 500 mètres des Nations Unies.

Depuis 1981, nous sommes toujours restés en contact. Lors du coup d’Etat du Général Guéi, il contacta Amr Moussa, SG de la Ligue Arabe, notre ami commun à New York pour dépêcher une délégation ONU-Ligue Arabe à Abidjan pour demander ma libération. Il avait mobilisé d’autres hautes personnalités pour intervenir et exiger ma libération car j’étais détenu à Akouédo avec mes collègues du gouvernement et d’autres hautes personnalités.

Qu’est ce qui faisait sa particularité ?

Kofi Annan apparemment réservé est une personnalité exceptionnelle, fidèle en amitié, remarquable en matière de gestion des relations humaines.

Il avait tissé des liens solides avec tous ceux avec qui il avait travaillé et dont il avait apprécié leur compétence tels Elizabeth Lindenmaier, Lakhdar Brahimi, Sadaka Ogata, Heidi Nouiri, Jean Ziegler, Allan Doss, Ibrahim Fall etc… Il avait une grande maîtrise de soi et une indépendance d’esprit face à toutes les pressions des Etats membres et surtout celles des cinq grandes puissances, membres permanents du Conseil de Sécurité.

Avec la chute de Nkrumah, il avait presque tiré un trait sur la politique. Il ne fréquentait pas les Africains en dehors du travail et assistait très peu aux réceptions des Etats Africains. La preuve lorsque le problème de sa candidature avait été évoqué par le journal New York Times comme citoyen ghanéen, le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Obed Assamoi qui était à New York avait dit que Kofi Annan n’était pas un ghanéen. Il avait relevé publiquement que le président Rawlings était venu cinq fois à l’AG et qu’il avait toujours eu des échanges avec tous les Ghanéens à New York, ceux travaillant dans toutes les institutions internationales à New York, à Washington, ceux qui travaillaient dans divers domaines. Le président Rawlings avait également dit-il organisé des réceptions à la résidence de l’ambassadeur du Ghana, Victor Gbeho pour ses compatriotes. Ils n’ont, dit-il jamais vu quelqu’un du nom de Kofi Annan à toutes les manifestations en l’honneur du chef d’Etat du Ghana. Ce fut la stupéfaction aux Nations Unies. Madeleine Albright qui me voyait souvent avec Kofi Annan, me rencontra pour me demander ce qu’il y avait de vrai dans cette remarque du ministre ghanéen. Je la conseillai de rencontrer le président Rawlings à New York ou d’envoyer un émissaire à Accra pour le rencontrer et lui faire comprendre que Kofi Annan était très apprécié dans le système des Nations Unies et que si éventuellement il devait être un des candidats potentiels, ce serait au gouvernement ghanéen d’en décider.

L’élection de Kofi Annan comme SG de l’Onu fut un cas « sus-generis ». Il fut le premier SG à sortir des rangs du personnel du système onusien.

Dans le cas de Kofi Annan, le processus de sa candidature est parti en dehors d’un Etat. En fait, j’avais déjà reproché à Kofi Annan le fait qu’il était un peu distant du groupe africain qui se mobilisait lorsqu’un Africain avait des problèmes dans « la maison ». Je lui avais énuméré que Djermakoye (Niger), Baléma (Haute Volta), plus hauts cadres africains aux Nations Unies sous Waldheim, avaient obtenu comme un seul bloc du soutien des Africains lors de certains incidents survenus au Secrétariat. Il m’approuvait mais préférait se consacrer surtout à son travail car il a toujours dirigé les départements à gros risques : département du personnel, planification, budget, maintien de la paix etc…

Qu’est ce qui vous liait ?

Ce fut une amitié sincère, naturelle car nous n’étions rien, donc il n’y avait aucun objectif à poursuivre ni d’intérêt personnel à défendre. Le paradoxe que je relevai au cours d’un déjeuner, c’est que lui est un adepte de Nkrumah et moi un adepte de Houphouët-Boigny. Deux hommes avec deux systèmes politiquement opposés, des visions différentes sur la construction de l’Afrique qui fut pourtant leur objectif commun. Nous avions en fonction de nos agendas respectifs, institué un déjeuner tous les 15 jours pour échanger sur les questions vues du côté SG et celles vues du côté des ambassadeurs, membres des Groupes africains, des 77 et des Non-alignés. Ces groupes avec la guerre froide, faisaient la pluie et le beau temps à l’Onu. Une décision commune prise par ces groupes faisait pencher la balance soit du côté du bloc soviétique, soit du côté du bloc occidental.

Pourquoi les Etats Unis ont Kofi Anan pour diriger le secretarait général de l’Onu quand Madeleine Albright (Secretaire d’Etat américain) a posé son véto au second mandat de Boutros Ghali ?

En réalité, Kofi Annan était d’un tempérament calme et posé, un vrai gentleman et même pour certains un « British ». Il avait de très bons rapports avec tous les membres permanents du Conseil de Sécurité. Son 2ème mandat avait été obtenu sans vote et uniquement par acclamation. Ce qui est rare aux Nations Unies avec les deux blocs antagonistes.

Boutros Ghali était intelligent, un éminent juriste qui avait fait un travail remarquable au cours de son mandat. Avec l’élaboration de ces textes : agendas pour la paix, agenda pour le développement. Il a donné aux Nations Unies deux textes d’anthologie qui influeront pendant longtemps le travail des Nations Unies.

Mais il était d’un tempérament parfois incontrôlable. Il était même imprévisible dans ses initiatives. En 1993, il avait, sans consulter l’AG, le Conseil de Sécurité, organisé à Vienne (Autriche) une réunion mondiale sur les droits de l’homme en incluant les droits économiques et sociaux. Cette vision n’était pas du tout partagée par les USA qui estimaient qu’elle dépassait le rôle d’un Secrétaire Général de l’ONU. En ma qualité de président de la 49ème session de l’AG, j’avais eu des problèmes sérieux avec Boutros lors de la célébration du 50ème anniversaire des Nations Unies à San Francisco. La cérémonie devait être retransmise en mondovision par CNN qui programmait une audience de 2 milliards de personnes dans le monde. Seules deux personnalités devaient intervenir au cours de la cérémonie, le président Bill Clinton en sa qualité de président du pays qui abrite le siège des Nations Unies et le Représentant des Nations Unies. Dans le protocole des Nations Unies, le président de l’AG a préséance sur le SG lors des grandes cérémonies des Nations Unies. Je devais donc à cette occasion répondre à Clinton au nom de la communauté internationale. Mais Boutros Ghali qui avait en vue sa réélection, avait contesté ce schéma et voulait intervenir à cette cérémonie. Il en fut désavoué et cela créa un climat malsain entre nous deux pendant deux mois. Il s’excusa deux mois après et nos relations furent normalisées. Il avait eu des échanges houleux avec Albright à propos du bombardement du siège des Nations Unies à Cana (Liban sud) par Israël (NDLR : 18 avril 1996). Il s’était levé pour ouvrir la porte et montrer la sortie à Mme Albright. Il avait franchi le Rubicon. Cela avait été la goutte d’eau qui condamna définitivement le prochain mandat de Boutros. En effet les USA avaient considéré que par cette attitude vis-à-vis de Mme Albright, c’étaient les USA qu’il avait humiliés. A partir de cet instant, Mme Albright suscita de nombreuses candidatures au sein des personnalités africaines connues à l’ONU pour remplacer Boutros Ghali. C’est ainsi qu’elle contacta Algabide (Niger), Ould Abdala (Mauritanie), Kofi Annan et moi-même comme possibles choix des Etats Unis. Les USA voulaient donner un deuxième mandat à l’Afrique mais pas à Boutros Ghali.

Kofi Annan avait étudié au Massachussetts Institute Technology (MIT) aux USA et donc avait de nombreuses amitiés dans ce pays. La famille de son épouse était célèbre pour avoir recueilli des nombreuses personnalités fuyant l’Urss. Après son mariage qui fut difficile avec une Nigériane, il divorça et épousa une Suédoise qui travaillait à la Mission de Suède à Genève. Ce fut un mariage d’amour entre deux personnes qui avaient vraiment à peu près le même tempérament et les mêmes penchants : la discrétion, l’humilité, la simplicité, adeptes des relations internationales. Il n’y a aucun calcul dans ce mariage et ce fut après qu’il découvrit tout l’apport que cette famille (Wallenberg) pouvait lui apporter comme relation dans des milieux divers qu’il ne soupçonnait même pas. Kofi Annan fut l’homme de tout le monde. Il est une synthèse unique et diverse. C’est un arc-en-ciel en miniature dans ses relations humaines.

Qu’il ait reçu l’appui des USA pour le poste de SG, cela est une réalité. Mais au Conseil de Sécurité, il avait reçu aussi l’appui de l’Urss, de la Pologne, et de l’Ukraine, rivaux des USA.

En fait Kofi Annan avait réussi à faire selon le concept italien, une convergence parallèle entre les Etats importants du Conseil de Sécurité malgré l’antagonisme qui caractérisait leurs relations.

Je le répète, Kofi Annan est et restera l’homme de la communauté internationale qui a transcendé les frontières étatiques. Il a mis son intelligence, ses efforts, toute sa vie au service de la communauté internationale. Bien sûr le Ghana qui a déjà décrété des journées de deuil en sa mémoire va exiger qu’il y soit inhumé. Mais dans la tradition de certaines grandes personnalités qui ont beaucoup œuvré pour la communauté internationale et qualifié de « grand serviteur » de l’Onu, leurs familles, leurs proches les faisaient toujours enterrer à Genève. 

Chargé du maintien de la paix, son nom a été cité dans le génocide au Rwanda où les Casques bleus n’ont rien pu faire pour empêcher ce massacre. Comment a-t-il pris ces critiques ?

Le système international est assez complexe et les gens font beaucoup d’amalgames. Le SG n’a jamais les mains libres dans la gestion des conflits caractérisés par les intérêts divergents des membres permanents du Conseil.

Le droit de véto est l’arme à la disposition de chaque membre permanent pour protéger ses intérêts et ceux de ses protégés dans les différents conflits. Kofi Annan est accusé parce qu’il est responsable de la machine onusienne.

Le cas du Rwanda peut être lié à celui de l’Irak ou pendant des heures et des heures de débat, le Conseil n’avait pas réussi à adopter des résolutions sur ces cas.

C’est la raison pour laquelle il avait, après réflexion, créé un groupe de travail pour aboutir à faire adopter par le Conseil le concept sacro-saint « de la responsabilité de protéger » qui est devenu une obligation de l’Etat et de la communauté internationale. C’est cette conception qui avait permis l’adoption à l’unanimité de la résolution 1970 du 26 février sur le conflit de la Libye en 2011.

Elle fut appliquée également sur la Côte d’Ivoire lors de l’escalade de la violence postélectorale contre la population fin 2010 début 2011. Le Conseil de Sécurité adopta à cette occasion à l’unanimité la résolution 1975 sur la Côte d’Ivoire.

Sous Kofi Annan, l’Afrique n’a pas pu faire son entrée au sein des membres permanents du Conseil de sécurité. Peut-on considérer cela comme un échec personnel ?

Toute réforme exige l’accord des 5 membres permanents. La seule réforme qui a pu se faire depuis San Francisco fut celle de 1963 qui avait fait passer le nombre des membres du Conseil de Sécurité de 11 à 15 membres. Président de l’AG, j’avais mis en place un groupe d’experts qui travaille toujours sur cette réforme du Conseil de Sécurité.

L’UA aussi a son groupe de travail sur la réforme du Conseil de Sécurité et ce sont des débats qui vont prendre encore beaucoup de temps à New York et à Addis Abeba. Le problème se pose de savoir quelle nouvelle configuration faut-il donner à cet organe. Le Conseil en cas d’élargissement ne doit pas devenir une AG bis, il doit toujours être restreint par sa taille et pouvoir être capable sans un long débat, adopter dans un laps de temps limité une résolution pour résoudre une crise. Le problème se pose également de savoir s’il faut conserver le droit de véto dans un monde qui idéalise la démocratie, l’égalité des Etats. Combien de nouveaux membres permanents avec ou sans droit de véto ? Combien de nouveaux membres non permanents doivent faire partie d’un nouveau Conseil de Sécurité ? Autant de questions qui soulèvent des débats passionnés aussi bien à New York qu’à Addis Abeba. Je ne suis pas certain qu’une solution puisse intervenir d’ici l’élection des deux prochains SG à venir.

Avait-il une attention particulière concernant les crises survenant en Afrique ?

Oui, il avait une attention particulière concernant l’Afrique. Quand j’avais été élu SG de l’OUA, je suis allé le voir pour lui dire que ce n’est pas une tâche personnelle. C’est une tâche qui concerne tous les Africains qui ont travaillé dans les institutions internationales ou ayant une expérience des relations internationale pour bâtir ensemble un organe capable de relever les défis du monde et surtout être crédible au sein des organisations mondiales. Je lui avais dit qu’on devrait essayer de faire ensemble un brainstorming sur les organisations en place pour évaluer les éléments de leurs succès et de leurs échecs. Kofi Annan, tout heureux de ma démarche, m’a assuré de son soutien à 100% pour sortir l’Afrique de toutes ses difficultés. Il m’a donné les meilleurs des experts de sorte que la base des textes de l’UA avec ses principes et valeurs, a été le fruit d’une collaboration de tous ces Africains. Il était très engagé dans tout ce qui concerne l’Afrique de sorte que sous lui, il y a eu la promotion de beaucoup d’Africains au sein de l’Onu. En tout cas, il n’a pas oublié son continent. Kofi Annan avait toujours été meurtri par les conflits africains. Il ne pouvait pas supporter que son continent soit la cible des critiques, de la misère, des refugiés etc.

Il créa un groupe de travail de très haut niveau qui après 6 mois, a produit et fait adopter par le Conseil de Sécurité un document qui pour moi est une référence pour les conflits en Afrique.

Ce document adopté à l’unanimité par le Conseil de Sécurité et l’AG est intitulé : « Les causes des conflits et la promotion de la paix et d’un développement durable en Afrique ». Si les responsables africains s’appropriaient ce document et en tiraient ses enseignements, une grande partie des conflits allait s’éteindre progressivement. Kofi Annan a pris des initiatives hardies qui ont modernisé pour longtemps l’image des Nations Unies à travers son plan : « Rénover les Nations Unies ». Ce plan fut adopté en juillet 1997 et a mis l’accent sur l’amélioration de la cohérence et de la coordination des actions de l’Onu.

Il a noué des alliances plus étroites avec la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs non étatiques dont les intérêts vont dans le sens des objectifs de l’Onu. Tout cela fut lancé par lui dans un pacte mondial orienté en direction des multinationales. Il vise à permettre aux peuples d’avoir leur part dans les avantages de la mondialisation…

Quelles étaient ses relations avec les dirigeants africains ?

Il entretenait de bonnes relations avec tous les dirigeants africains. Kofi Annan fut le 7ème SG de l’Onu depuis sa création. Il fut le 2ème Africain après Boutros Ghali et le premier SG africain issu du Sud-Sahara. Le premier SG à sortir des rangs du personnel du système des Nations Unies. Trois Ghanéens ont excellé sur la scène internationale faisant ainsi la fierté de ce pays. Il s’agit de Kofi Annan à l’Onu, Kenneth Dadzie, premier africain SG de la Cnuced et ensuite DGA de l’Onu et Robert Gardiner, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique. Après avoir quitté son poste de SG, Kofi Annan sillonnait les capitales africaines à travers plusieurs fondations pour apporter sa contribution, son expertise aux problèmes africains.

Après son départ de l’Onu, pourquoi n’a-t-il pas cherché à briguer un poste de président dans son pays ?                      

Socrate disait : « Connais-toi toi-même ». Kofi Annan était trop cartésien, confortable dans une salle face à des gens de son calibre pour traiter les problèmes les plus complexes. Ce n’est pas un homme à rechercher des bains de foules et haranguer des foules. Lorsqu’on évoquait cette éventualité de présidence de son pays, il répétait inlassablement : « That kind of job is not for me » (Ce genre de boulot n’est pas pour moi).

Il avait raison car il est devenu immortel déjà dans la conscience de la communauté internationale. Comme dit Alpha Blondy, c’est le même peuple qui cri vite et fort : « Vive le président, à bas le président ». Nkrumah était un Dieu pour lui et il a vu comment la « soldatesque » l’avait chassé, détruit ses statuts. Prix Nobel de la Paix, Kofi Annan est devenu immortel, qu’il repose en paix. Il fait la fierté de l’Afrique avec toutes les bénédictions de ses ancêtres africains.

Nomel Essis

 

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