Accueil PORTRAIT DU MOIS (Portrait) Côte d’Ivoire/Islam: Mahan olivier, bandit de grand chemin autrefois, éducateur respecté aujourd’hui

(Portrait) Côte d’Ivoire/Islam: Mahan olivier, bandit de grand chemin autrefois, éducateur respecté aujourd’hui

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Après des décennies de délinquance et de banditisme, il retrouve la voie du salut. Aujourd’hui un des musulmans les plus célèbres en Côte d’Ivoire pour ses actes de bienfaisance, cet homme de 45 ans avait longtemps porté les armes et guerroyé avant le repentir.

Il s’agit bien de l’Ivoirien Mohamed Olivier Mahan qui s’emploie tout feu, tout flamme à aider ceux qui ont un jour dévié sans pour autant réussir à se rattraper.

Bandit de grand chemin durant 26 ans de sa vie, cet ancien caïd a aujourd’hui le Coran comme arme unique.

« Autrefois, je m’adonnais aux vols à main-armée,  j’ai commis des crimes, je fumais différentes doses de drogue. Cette conduite m’a valu des années en prison. Malheureusement  à chaque sortie, je récidivais», témoigne l’homme, non sans pincement au cœur, Mohamed Olivier Mahan.

Ce jeune prédicateur se veut proche de son public cible, surtout les jeunes. Il parle parfois leur langage pour faire passer le message.

Muni du Livre Saint (le Coran), il sillonne les mosquées, les prisons, les fumoirs, les gares routières, à la rencontre de ces jeunes toujours « sur la mauvaise voie », pour les remettre sur le « chemin droit », dit-il. Il fait, dans cet esprit, moult apparitions à la télévision ou la radio, qui firent de lui un des musulmans les plus connus de sa génération.

Mahan contribue également à trouver une issue à des différends opposant certains jeunes à leurs parents. Il véhicule un message de paix, de fraternité et de solidarité, somme toute, les nobles valeurs de la religion musulmane.

Son basculement dans cette situation est intervenu « miraculeusement », se rappelle-t-il, en l’an 2000.

« J’étais dans un quartier, lorsque de jeunes musulmans m’ont parlé d’Allah. Au début, je n’ai pas voulu les suivre, mais à force d’apprendre que Dieu pouvait changer ma vie, je me suis remis en question. Depuis, j’ai commencé à changer », se réjouit-il.

Mohamed est désormais engagé dans la rééducation de certains parias et malfrats. C’est un défi, pour lui.

«J’ai décidé, en tant que leur aîné, de sacrifier ma vie pour leur montrer le droit chemin. Tous les vagabonds, les jeunes voleurs, drogués, alcooliques sont mes cibles», affirme l’homme à la djellaba blanche.

Dans la commune d’Adjamé (centre d’Abidjan), Sylla Adama 35 ans, a vu plusieurs fois Mohamed en action s’adressant aux jeunes et n’a aucun doute sur le travail qu’il accomplit.

«Mahan échange beaucoup avec les jeunes qui refusent d’aller à la mosquée. Il nous conseille aussi de ne pas voler, d’éviter de mentir et de braquer. Les conseils qu’il nous donne nous apportent beaucoup. Aujourd’hui, certains ont changé. Grâce à son aide, on avance », témoigne, souriant, Sylla Adama.

Pour Hervé Kouassi, jeune chrétien exerçant dans la même commune, Mahan a changé la vie de beaucoup de jeunes et aussi l’image du marché noir d’Adjamé connu sous l’appellation de « Black-Market » et réputé pour être un nid de délinquants.

«En tant que chrétien, ça me plaît que Mahan ait réussi à faire sortir certains jeunes du cercle vicieux de la délinquance pour accéder à une vie plus posée», se réjouit le jeune Hervé Kouassi.

«Le travail de Mohamed est vraiment important, nous ne maîtrisons plus nos petits à la maison. Avant, ils rentraient souvent tard, nous les trouvions bizarres. Aujourd’hui, ils se montrent mieux portants grâce à Mohamed», dit Sangaré Awa, mère de famille.

L’exercice de Mohamed, contrairement à ce que pensent certains, n’est point lucratif.

«Les gens pensent qu’on me paie pour faire ce travail. D’autres pensent que j’ai assez d’argent pourtant je ne reçois aucune subvention, aucun franc, je le fais pour Dieu», assure-t-il.

Marié à deux femmes et père de 12 enfants, Mohamed Mahan, évolue dans le commerce. Il vend des motos et des véhicules importés, des téléphones portables. L’homme accumule au vrai sens du terme les casquettes, étant donné qu’il est, par ailleurs, syndicaliste actif dans le secteur du transport.

Sollicité au Burkina Faso, et dans certains pays de la sous région pour accomplir le même travail qu’il fait avec la jeunesse ivoirienne, Mohamed Mahan rêve aussi de pouvoir apporter ses conseils et son expérience à d’autres délinquants à travers le monde.

Fulbert YAO

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