Accueil POLITIQUE Conférence de presse/ Alassane Ouattara aux opposants : « Dans tous les pays démocratiques, on doit faire confiance aux institutions»

Conférence de presse/ Alassane Ouattara aux opposants : « Dans tous les pays démocratiques, on doit faire confiance aux institutions»

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Au terme de la visite d’Etat dans le Moronou, le Président Alassane Ouattara a tenu samedi, la traditionnelle conférence de presse avant de quitter Bongouanou. Après son propos liminaire, le chef de l’Etat a échangé avec les hommes de médias surtout, autour des questions de développement.

Propos liminaires

« Merci à Bongouanou, dernière étape de ma visite dans le Moronou. Comme l’a dit le porte-parole du gouvernement, j’ai visité cette région du 9 au 12. Je suis arrivé ici le mercredi, à Bongouanou. J’ai pu tenir le conseil des ministres, le même jour, dans la matinée, jusqu’au milieu de l’après-midi. Le lendemain, nous avons visité Arrah, c’était le jeudi. Et le vendredi, nous avons pu visiter M’Batto. Et aujourd’hui (Ndlr ; samedi) évidemment, c’était le meeting régional, à Bongouanou. Je dois dire que nous avons eu un séjour particulièrement chaleureux. Nous avons, à partir du mercredi 9, eu le Conseil des ministres. Mme le préfet de région nous a fait le point sur la situation de cette région. Nous avons profité, l’après-midi, pour mettre sous tension, la localité de Nana-Assouakro, à 10 km à peu près de Bongouanou. Le jeudi 10 septembre, nous étions à Arrah, où nous avons procédé à la mise sous tension de la localité d’Assikro et nous avons fait un meeting à Arrah. Certains d’entre vous étaient présents. Il y a eu une très forte mobilisation. Dans l’après-midi du jeudi, nous avons tenu une rencontre avec les rois, les chefs traditionnels, les guides religieux, les cadres et les élus. Là, également, nous avons parlé de paix et de développement. Le vendredi 11, c’était l’étape de M’Batto. Nous avons fait escale à Assaoufoué qui est le village de mon frère Ahoua N’Doli. Ce fut une belle occasion de rencontrer la maman d’Ahoua qui a 92 ans, et communier également avec la famille et la population. Nous avons ensuite procédé à la mise sous tension du quartier Assié-Akpêssé, qui a 1 300 habitants, avant de tenir un meeting à M’Batto et mettre en service l’unité de renforcement de la production d’eau potable de la ville de Bongouanou. Cette unité, qui est d’une capacité de production d’eau potable de 2000 m3 par jour, permettra de couvrir les besoins actuels des abonnés de cette ville et d’alimenter la ville voisine de Kotobi. Aujourd’hui (Ndlr ; samedi 12 septembre), nous avons commencé, ici même à Bongouanou, par la mise sous tension électrique du quartier de Broukro, à Bongouanou. Avant le meeting final, auquel vous avez certainement tous assisté.

Ce que je voudrais dire après les visites dans les trois départements, c’est qu’à chaque étape, nous avons été accueillis avec beaucoup de ferveur et avec une mobilisation exceptionnelle. Nous avons pu faire le bilan des réalisations depuis 2011. Car, comme vous le savez, toute cette région n’a pas eu beaucoup d’investissements avant 2011. Nous avons commencé et nous considérons qu’il reste beaucoup à faire. J’en ai parlé ce midi. Je ne voudrais donc pas revenir là-dessus. Mais, j’ai beaucoup insisté sur les aspects de paix, de cohésion sociale puisque cette région est connue pour avoir été en paix même pendant les périodes les plus difficiles. Je voudrais donc après ce bref exposé, remercier le roi d’abord, les chefs traditionnels, les guides religieux, les cadres et les élus et toutes les populations pour l’accueil qui nous a été réservé, à la Première dame, à toute la délégation qui m’a accompagné et à moi-même.

Cette région, je la connais bien puisque deux de mes frères sont nés ici, ont grandi ici. Je venais souvent les voir puisque ce n’est pas loin de Dimbokro. Vous savez que toutes les trois régions de l’Iffou, du Moronou et du N’Zi formaient le N’Zi Comoé. C’est la même région que j’ai eu l’occasion de visiter dans mon enfance. Je suis donc heureux d’avoir pu effectuer cette visite d’Etat, que nous avions déjà programmée depuis le mois de mars. Mais en raison de la pandémie de la Covid-19, nous n’avons pas eu l’occasion de la faire plus tôt. Maintenant, c’est chose faite. La dernière région qu’il nous reste à visiter, c’est la région de la Marahoué, du 23 au 26 septembre. Ainsi, pendant mes neuf mandats et demi, j’aurais pu visiter les 31 régions de Côte d’Ivoire. Evidemment, avec les deux districts que j’ai eu l’occasion de visiter assez souvent. Merci d’être nombreux. J’ai pratiquement perdu la voix, mais je me ferai fort de vous répondre. Je souhaite que les échanges soient brefs pour nous permettre de récupérer. Je suis à votre disposition ». 

Echanges avec la presse 

J’ai une question à deux volets. Primo, comment les chantiers écoles annoncés au dernier Conseil des ministres, peuvent-ils  résoudre durablement la question de l’orpaillage qui sévit dans le Moronou et dans bien d’autres régions? Et, que prévoyez-vous pour le repositionnement du N’Zi Comoé (ancienne région comprenant l’actuel N’Zi,  le Moronou et l’Iffou ? 

Pour l’orpaillage, vous verrez avec le gouvernement ou le Premier ministre qui vont répondre à ces questions. Pour ce qui est de ce qu’il faut pour que le Moronou puisse retrouver son lustre d’antan, je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Le président du Fpi, Pascal Affi N’guessan n’était pas présent lors de cette visite d’Etat dans sa région. Il s’est plutôt fait représenter. Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous étiez en campagne. Ils soutiennent que dès lors que vous avez annoncé votre candidature, vous devriez reporter vos visites d’Etat. Ne faut-il pas songer à une loi sur le statut du président sortant qui est candidat à sa propre succession ? 

Je pense que vous devriez poser la question à Affi N’guessan. 

La question du vivrier se pose encore ici comme dans beaucoup de régions du pays. Les femmes produisent beaucoup de vivriers, mais elles ont beaucoup de mal à les écouler. Comme vous l’avez fait avec les réformes dans les filières coton, anacarde, café et cacao, pourrait-on penser à une réforme profonde dans le vivrier pour que les femmes tirent profit de leur dur labeur et que les consommateurs aussi aient ces produits à moindre coût ?

C’est une question importante pour cette région productrice de produits vivriers. Je sais que le monde de l’agriculture a vraiment comme objectif l’écoulement de sa production. Beaucoup a été fait dans le secteur du cacao avec le ministère de l’Agriculture. Ce qui permettra de contrôler les prix des produits en question et le pouvoir d’achat.

Tout au long de vos interventions, vous n’avez eu de cesse d’appeler les uns et les autres à faire confiance aux institutions. Pensez-vous que cet appel aura un écho favorable auprès des opposants ? 

Dans tous les pays démocratiques, on doit faire confiance aux institutions de la République. 

Au nom de la paix, accepteriez-vous de reporter les élections en vue d’ouvrir le dialogue avec l’opposition afin d’aplanir les divergences, puisqu’elle estime que les conditions ne sont pas réunies pour des élections pacifiques et crédibles ? Dans la même veine, seriez-vous prêts à prendre une ordonnance pour permettre à Soro Guillaume et Laurent Gbagbo d’être candidats à ces élections au nom de cette paix ? 

Bien, je vous remercie. J’ai décidé de ne répondre à aucune question concernant les élections. Autre question. 

Cette visite d’Etat a-t-elle connu un franc succès pour vous, sur le plan de la mobilisation surtout ? 

Je pense personnellement que cette visite a été une très belle visite, à  voir la ferveur  des populations, des réalisations qui ont été faites. Je voudrais féliciter le gouvernement parce qu’en très peu de temps, toutes les routes reliant les capitales départementales ont été bitumées. Puis les 5 km de route dans chacune des villes. C’est une performance exceptionnelle monsieur le Premier ministre. Félicitations à tout le gouvernement. Je suis très heureux. Je considère que nous avons beaucoup fait pour la région du Moronou. Et nous continuerons. 

Certains de vos concitoyens demandent un dialogue direct, quand d’autres réclament la libération de certains prisonniers et le retour facilité de certaines personnalités. En digne héritier du Président Félix Houphouët-Boigny, comment comptez-vous répondre à cette préoccupation ?

J’ai indiqué que je ne répondrai à aucune question qui n’a pas trait à la visite d’Etat. 

Vous avez annoncé à Arrah que vous avez de bonnes nouvelles pour les producteurs de cacao dans les prochains jours. Est-ce à dire que le prix du cacao va augmenter ?

Le prix va augmenter. Le 30 septembre, nous ferons un Conseil des ministres à Yamoussoukro et  nous aurons une bonne nouvelle à annoncer aux paysans. 

Vous étiez en France où vous avez été reçus à l’Elysée. Après, il y a eu des informations dans la presse et sur les réseaux sociaux. Comme quoi, le président français vous aurait posé des conditions pour aller aux élections. 

Je peux vous rappeler que la Côte d’Ivoire est un pays souverain. C’est pour cela, que, voyez-vous, un de vos collègues a posé la question sur les institutions. Nous devrions faire confiance à nos institutions. Arrêtez de penser que les décisions doivent être prises à Paris, à New-York ou ailleurs. Les décisions sont prises en Côte d’Ivoire, par les Ivoiriens et par les institutions ivoiriennes. 

Vous annonciez des chantiers pour la région du Moronou pour la période 2021-2025. Peut-on avoir le montant des investissements que prévoit l’Etat dans la région ?

C’est également une question liée aux élections. Nous sommes en train de rédiger notre programme de gouvernement. Patrick Achi en est le responsable. Je suis sûr que dans quelques semaines, nous aurons un programme de gouvernement qui sera précis. D’abord, sur notre bilan et sur ce que nous comptons faire dans l’ensemble du pays, notre vision pour 2030 et ce que nous ferons pour chacune des régions. Le meilleur est à venir. 

Les femmes du vivrier avec qui nous avons échangé se sont constituées en coopérative et ont un problème d’évacuation de leur production. Elles ont demandé deux camions et un Kia. Que comptez-vous faire pour ces dames ?

Cette région  est riche en ressources. Je compte sur le ministre de l’Agriculture, dans le programme de gouvernement, pour développer quelque chose de précis et même d’apporter un soutien aux femmes. Il faut des moyens de production. Je compte donc sur Adjoumani pour  nous faire des propositions dans ce domaine. Nous pouvons faire beaucoup ici. La région n’est pas loin d’Abidjan. La capitale économique de notre pays a besoin d’être approvisionnée afin de faire baisser les prix notamment en ce qui concerne les produits vivriers. 

Avez-vous le sentiment que le Programme présidentiel d’urgence (Ppu) et les visites d’Etat ont permis de corriger les disparités entre les différentes régions au niveau du développement ? 

L’inspecteur d’Etat m’a déjà expliqué cela. Les disparités au niveau des différentes régions étaient une réalité. Il faut être transparent. Nous le savons. Dès 2010, dans le programme du gouvernement, nous avons regardé la carte de la Côte d’Ivoire pour voir quelles sont les possibilités de chaque région. Mais, moi j’ai été choqué. Je me souviens que je suis allé à Bouna, à Borotou pour la première fois. On avait fait une installation d’eau potable et c’était la première fois que les enfants de l’école voyaient pour la première fois de l’eau sortir d’un robinet. Ils n’avaient jamais vu cela. Le taux de couverture en électricité  était de 2%. Je peux donner des exemples à n’en point finir. Que ce soit l’eau, l’électricité, les salles de classe, les centres de santé. On est contraint de faire en sorte que toutes les régions avancent, sans distinction, sans discrimination. Vous avez noté que même dans cette région, il y avait de l’électrification au-dessus de la moyenne, c’est-à-dire plus de 63%. Nous allons être à 100% d’ici à la fin de l’année. La ville de Bouna était à 3% et maintenant elle est à 45%. Nous serons sans doute à 75% d’ici à la fin de l’année. J’ai la carte que je regarde tout le temps pour voir le nombre de classes, de centres de santé. C’est pour cela que j’ai pris la décision d’électrifier tous les villages  de plus de 500 habitants. Il n’y a pas de discrimination. Si un village a 500 habitants, ce village aura de l’électricité, je l’espère, au plus tard en 2021. J’ai même demandé qu’on introduise les campements. Parce que dans l’ouest, il y a beaucoup de campements qui ont plus de 600 mille habitants. J’ai dit que tant qu’il y a plus de 500 habitants, même si c’est dans un trou, il faut  électrifier le trou. C’est cela l’équité. Nous voulons faire en sorte que ce soit toute la Côte d’Ivoire qui profite de cette embellie. Je suis sûr qu’en 2021, on aura atteint notre objectif. Celui d’éclairer tous les villages de plus de 500  habitants. Pour l’eau potable, c’est la même chose. Les écoles, n’en parlons pas. J’ai félicité la ministre Kandia pour les résultats. Les choses avancent dans le bon sens. Par exemple, en ce qui concerne  la pandémie à Covid-19, à la date d’hier (Ndlr ; vendredi 11 septembre), nous avions 119 morts. C’est peut-être 119 personnes mortes de trop. Mais, dans les autres pays, c’est plus de 300 ou 200 et même 500. Le taux de positivité qui était au-delà de 25 ou 30% en avril  et mai est aujourd’hui entre 5 et 10%. Hier, il était de 3,5%. Le taux de létalité, en France et ailleurs, c’est plus de 10%. Ici, nous sommes à 0,64%. C’est-à-dire moins de 1%. Les écoles ont été fermées dans beaucoup de pays y compris en Afrique  du nord. Là-bas, elles ne sont même pas encore ouvertes. Ici, nous avons réussi à rouvrir les écoles de par notre stratégie et effectué l’examen du Bepc, du Baccalauréat. C’est toute de même quelque chose d’extraordinaire. Et le taux de réussite au Bac qui était de 41% en 2019 quand il n’y avait pas de Covid-19 est, cette année de 40%. C’est  dire que ce pays marche. Continuons cette marche.  Nous devons continuer d’avancer dans tous ces secteurs et qu’on arrête les discriminations, qu’on arrête les violences. Qu’on donne le meilleur aux populations et que la Côte d’Ivoire continue d’être un pays de paix. Un pays où il fait bon vivre. C’est tout ce que je voulais vous dire. Je ne voulais donc pas  répondre à des questions relatives aux élections. J’espère que vous me le pardonnerai. Attendons la campagne.

Propos recueillis par Nomel Essis, envoyé spécial

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