Accueil POLITIQUE (Analyse) L’Opposition ivoirienne menée par Affi Nguessan et Guillaume Soro fonce droit dans le mur

(Analyse) L’Opposition ivoirienne menée par Affi Nguessan et Guillaume Soro fonce droit dans le mur

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La déclaration du Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique étrangère, M. Joseph BORRELL au nom de l’Union Européenne, sur la situation en Côte d’Ivoire, après celle du Secrétaire général des Nations Unies, a fait perdre à l’opposition ivoirienne ses dernières illusions sur un éventuel soutien de la communauté internationale à ses revendications.

En effet, tous les partenaires de la Côte d’Ivoire dénoncent désormais la faillite morale d’une opposition réunie au sein d’un axe ivoiritaire allant désormais du PDCI au FPI en passant par LIDER et l’UDPCI, et intégrant les Indépendants du Félicia. La communauté internationale, sans distinction, dénonce avec fermeté les discours de haine, les dérives politico-ethnicistes, la xénophobie et la violence portés par l’opposition.

Pour la communauté internationale, la désobéissance civile c’est le nouveau nom de l’Ivoirité, d’où l’urgence d’y mettre fin afin d’épargner au pays les affres de nouveaux conflits intercommunautaires suscités par la posture de l’opposition. La radicalisation rageuse de l’opposition soulève plusieurs interrogations : Pourquoi l’opposition, en particulier Affi Nguessan persiste t-elle sur la voie sans issue de la radicalisation ? Sur quoi compte l’opposition pour afficher une telle défiance à l’égard de la Communauté internationale et du gouvernement ? Aurait-elle des complicités parmi les représentants locaux des partenaires internationaux ?A quoi s’exposent les responsables de l’opposition en appelant ouvertement et en toute impunité à la violence publique, à la haine, à la xénophobie et au renversement des institutions ? Les Ivoiriens sont-ils prêts à réduire leur pays en miettes ? Qui payera pour les morts des mois de août et octobre 2020 ?

A l’analyse, Guillaume Soro est le grand gagnant de la décision de l’opposition de boycotter le scrutin présidentiel et d’embraser le pays coûte que coûte. Bien sûr, Bédié et Affi en sont les grands perdants. Soro a figé l’opposition. S’il n’est pas candidat, alors l’opposition n’aura pas de candidat à l’élection présidentielle. C’est fait. Bédié est tombé sans combattre et plonge le PDCI dans la léthargie avant la division. Affi Nguessan perdra l’embryon de FPI qu’il contrôle au retour de Gbagbo et sera jeté dehors par les GOR. Gbagbo préparera la relève sans Affi Nguessan.

La manœuvre de Soro est belle, il a convaincu l’opposition, notamment Bédié de l’imminence d’un putsch, puis de la disparition du Président de la République à la suite de sortilège maraboutique. Aujourd’hui, il fait miroiter à ses amis le retournement de l’opération Barrissement de l’Eléphant contre le gouvernement. En effet, l’opposition prépare le soulèvement des populations contre les forces déployées en les présentant contre des microbes habillés en treillis. Tapis entre Paris et Londres, Soro espère être moins responsable des morts causés par le mot d’ordre de l’opposition que Affi Nguessan et le patriarche Bédié qui s’apprêtent à en payer l’addition.

Par ailleurs,Soro enfume ses nouveaux alliés sur le sens de la Transition qu’ils réclament. Ici égalementSoro est à la manœuvre et a réussi l’exploit de plonger l’opposition dans le marasme en pleine année électorale. La transition lui permettrait d’effacer l’ardoise de la Justice qui met fin à sa carrière politique, quitte pour cela à brûler son pays. En réalité, l’opposition est en panne de stratégie, en manque de ressources et d’inspiration.  Affi Nguessan fait illusion mais sème ici et là les chefs d’accusation que la Justice retiendra demain contre lui et ses acolytes.

Ouattara maître des horloges

Dans le processus électoral en cours, le Président Alassane Ouattara déroule son programme avec une précision d’Orfèvre, même s’il peine à masquer la douleur de la perte de certains proches et collaborateurs. Au plan diplomatique, l’opposition est groggy. Au plan intérieur, les mots d’ordre de l’opposition n’emballent pas les foules, conscientes de la grandeur retrouvée de leur pays et heureuses d’avoir enfin, après l’immense Houphouët-Boigny, un grand Président. Certes pas populiste et blagueur, mais travailleur, visionnaire et habité par l’idéal de sa fonction. Un homme en phase avec son armée et ses forces de sécurité dans la gestion maîtrisée des violences de la haine.Les morts enregistrés sont le fait des violences intercommunautaires engendrées par l’Ivoirité, et non celui des FDS.

Conscients de leur éviction prochaine de la tête de leurs partis, les responsables de l’opposition, notamment Bédié et Affi Nguessan se radicalisent afin de masquer leur échec en espérant que le Président de la République fasse d’eux des martyrs. Un piège que Ouattara a su éviter en faisant corps avec la troupe.

Le Maître des horloges devra surtout régler le cas Soro avec ses partenaires, leur demander des comptes sur la liberté qui lui a été laissé pour transformer des territoires européens en base arrière de sa « rébellion » contre le pouvoir central, de ses appels à l’insurrection…indiscutablement un vent nouveau va souffler sur la diplomatie de Ouattara s’il est réélu.

Le Maître des horloges a tout réglé pour que le 31 octobre 2020 soit l’heure du vote, celle de l’élection du premier Président de la IIIème République. Un homme qui aura la responsabilité de maintenir le rang de la Côte d’Ivoire par ces temps de grande incertitude économique, sanitaire et sécuritaire au plan international.

Pierre DOE COCRY

Analyste politique

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